15 décembre 2019
Critiques

Gunman : La critique du film

Critique du film Gunman

par Mélissa Chevreuil


Le réalisateur de la célèbre franchise "Taken" is Back avec "Gunman". Et cette fois, Pierre Morel n'a pas choisi un Liam Neeson en détresse mais un Sean Penn dopé aux amphet'.

Le pitch est tout ce qu'il y a de plus simple, pour ne pas dire simpliste : Jim Terrier, ancien tueur à gage, se retrouve rattrapé par son passé. Contraint de fuir, il va devoir lutter contre le reste d'un monde capitaliste sans foi ni loi… Pour autant, rare sont les films d'actions brillant pour leur scénario inventif. A voir donc si "Gunman" est récréatif ou totalement dispensable.

Quand on connaît le talent de l'ex presque monsieur Charlize Theron (mon dieu, depuis le temps que je rêvais d'écrire ça), on ne peut avoir que de la peine durant le visionnage. "Gunman" ne vaut guère mieux qu'un téléfilm du samedi après-midi. Scénario carabiné, scènes d'actions vues et revues et pour le moins barbantes, on attend tranquillement que Jim tue tour-à-tour quiconque se mettra sur sa route… Et ce deux longues heures durant.

Pour autant, les débuts étaient prometteurs. Javier Bardem a beau joué le même rôle de bad guy au physique atypique de film en film, il relève quelque peu le niveau en créant une relation triangulaire presque malsaine. Hélas, comme tout petit méchant qui se respecte, il ne fera guère long feu. Dommage.

Difficile d'évoquer la dernière roue du carrosse, Jasmine Trinca, avec plus de délicatesse. Fade et insipide, elle n'est qu'un prétexte pour motiver le personnage de Jim. Etoffer un rôle si creux, mais semble chose peu aisée.

Creux. Voilà qui résume bien ce nouveau nanar, au fond. Les fanas d'actions ne demandent pas que David Lynch ou autre âme torturée soit derrière l'histoire. Soit. Mais un minimum de scénario serait presque une preuve de respect au point où on en est. Qu'est-il passé par la tête de l'auteur d'"Into the Wild" ?

A travers "Gunman" se ressent une terrible crise de la cinquantaine, comme si l'acteur/réalisateur cherchait à convaincre une nouvelle jeunesse. Il suffit de voir la pauvreté des scènes pour s'en convaincre. Après Martine va à la plage, Sean torse nu, surf à la main, prêt à braver les vagues. Sean sous la douche, supposé affoler la ménagère ou la nymphette au complexe d'Electre.

Ou encore mon préféré : Sean à l'agonie, crachant du sang mais tout de même apte à tuer trois armoires à glace d'affilé. Easy. Et je ne reviendrais même sur le fait qu'encore une fois, sa partenaire à l'écran et lui cumulent vingt ans d'écart. Si l'acteur a voulu s'offrir une nouvelle vitrine avec ce polar shooté au viagra, c'est plutôt raté.

"Gunman" ne me déçoit point : je n'en attendais rien. Pour autant, forcer de constater que si certains acteurs peuvent sauver le monde, encore et toujours, d'autres devraient songer à une retraite anticipée. Mais ne t'en fais pas Sean. Je sais que tu sauras vite retomber sur tes pieds. Ou sur ta canne...

Auteure :Mélissa Chevreuil
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