19 janvier 2021
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Harry Potter et la Coupe de Feu : A tombeau ouvert

L'idole des jeunes revient sur grand écran. Et il est bien décidé à botter les fesses de Voldemort, l'ennemi de tous les gentils sorciers. Ca va castagner ! Fans du sorcier Harry, oubliez la majeure partie de ce que vous avez lu et relu. Cet épisode, intitulé "Harry Potter et la coupe de feu" (distribué par Warner Bros. France), quatrième volet d'une série qui compte 7 tomes, resserre l'action sur le personnage principal et les obstacles qu'il doit franchir pour atteindre le grade de sorcier. Pas de coupe du monde de Quidditch (« de quoi ? » répondent les novices en Potterologie), pas de révolte des Elfes gardiens de maisons (« quésako ? ») ni de famille Weasley (« Bon sang, quelqu'un va-t-il m'expliquer de quoi il s'agit ? »).

Non, "Harry Potter et la coupe de feu" roule à tombeau ouvert. Pas de temps à perdre ! Il faut faire rentrer 600 pages dans 2h30 de film. Alors même si le fan de base grognera au fond de son fauteuil, il faut avouer que le défi est relevé. L'ensemble ressemble tout de même à une valise la veille d'un départ en vacances. Une fois bouclée, il ne faut plus rien y ajouter, ne plus l'ouvrir sous peine de ne plus pouvoir la refermer. Et à tout moment, elle risque de s'ouvrir et de déverser tout son contenu dans le désordre le plus complet. L'homme assis sur la valise, garant de l'unité du film, c'est le scénariste attitré de la saga, Steve Kloves. Avec lui, Harry fonce à toute allure et tant pis pour quelques digressions qui auraient permis au spectateur de reprendre son souffle, au film de ménager une tension usée par des dizaines de cabrioles et autant de monstres effrayants...

Comme toujours donc, on peut regretter que le quotidien de Harry et ses amis ne soit pas évoqué. Là où les livres de J.K Rowling peuvent prendre leur temps, les films, eux, doivent respecter une certaine concision. Conséquence. Un film parfois brouillon mais sans aucun doute l'épisode le plus trépidant de la série, le plus dépaysant grâce à des effets spéciaux réussis et une réalisation académique et efficace. La réalisation, c'est le britannique Mike Newell qui s'en charge. Le réalisateur de "Quatre mariages et un enterrement" et "Donnie Brasco" insuffle une toute nouvelle énergie à la saga et permet même aux sorciers de ranger baguettes et balais pour sautiller lors d'un concert rock surprenant.

Même si la promotion d'"Harry Potter et la coupe de feu" se fera sans aucun doute sur la noirceur de l'intrigue (en Grande-Bretagne, le film est interdit au moins de 12 ans non accompagnés, astucieux moyen de faire payer toute la petite famille), la principale force de cet opus reste l'homogénéité de l'ensemble. Peu de moments creux, de belles scènes d'émotion et un divertissement réussi. La recette parfaite pour un film de Noël. Ce n'est pas dans Harry Potter que l'on trouvera de pertinentes analyses ou de profonds questionnements. Pas besoin de cela pour enrichir un film déjà bien dense. C'est un blockbuster comme on l'aime : ni trop bête, ni trop complexe. Ce n'est pas plus sorcier que cela !

Auteur :Matthieu Deprieck
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