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Harry Potter et le prince de sang mêlé : Un récit déformé

Par Christopher Ramoné


Et de six pour le héros à la cicatrice qui cartonne au box office pour son nouvel opus, "Le Prince de Sang-Mêlé". Etant pourtant fan de la saga, ce sixième film ne m’a pas convaincu par rapport aux autres, et aux livres.

Pour cette nouvelle année qui s’annonce à Poudlard (l’école de sorcellerie pour ceux qui débarquent), le danger est plus que jamais présent. Vous-Savez-Qui (alias Lord Voldemort) est de retour depuis l’épisode tragique du Ministère de la Magie qui a vu la mort du parrain d’Harry, Sirius Black. Désormais, Voldemort et son armée de mangemorts sèment la zizanie dans le monde des sorciers, mais aussi des moldus.

Poudlard apparaît alors comme le seul endroit capable de protéger nos jeunes sorciers des forces du Mal qui rôdent autour et ne cessent de se rapprocher. Car oui, le combat final approche, et plus que jamais, le directeur de l’école Dumbledore veut mettre Harry face à ces responsabilités d’Elu (ça fait pas prétentieux du tout), car il sait que ce dernier devra affronter Voldemort un jour ou l’autre, d’autant plus que ce dernier se fait de plus en plus puissant.

Dumbledore va plonger le jeune sorcier dans la jeunesse de Tom Jedusor, avant que celui-ci ne devienne le terrible mage noir que l’on connaît. Une nouvelle tête, Horace Slughorn, professeur des potions va s’avérer être un pion central dans la reconstitution des souvenirs sur Jedusor. Des nouvelles têtes, de nouveaux acteurs plus ou moins présents, et donc quelques petits changements. Mais dans le fond on reste dans la même ligne directrice que pour le précédent opus ("L’Ordre du Phénix"). Harry Potter doit donc gagner en stabilité,

David Yates est de nouveau aux manettes, et cela jusqu’à la fin de la saga cinématographique. Mais Yates a prévenu, il a sa propre vision du livre, bien qu’en accord selon lui avec l’auteur, J.K Rowling en personne qui supervise de loin le tournage. Cette vision, dès la fin du cinquième opus, il la voyait comme « sexe, fun et rock’n’roll ». Au final on en est pas loin : "Le Prince de Sang-Mêlé" traduit bien l’aspect comique, rattrapant l’aspect adolescent et donc la course à l’amour, assez naïvement traité.

En effet, Lavande Brown jette son dévolu sur Ron-Ron, alias Rupert Grint, alors que Harry Potter en pince pour Ginny Weasley. La très charmante Hermione, toujours aussi potiche pour certains, tente de cacher ses sentiments pour Ron. En somme, si le danger rôde à l’extérieur, on cherche l’amour et l’adolescence pure et dure frappe de toutes ses forces à l’intérieur. Les deux s’opposent tout au long du film, David Yates réussissant à mettre des liens entre ces deux entités.

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Michael Gambon - Copyright Warner Bros. France

Toutefois, il y a l’aspect classique, le reproche continuel fait aux versions cinématographiques de la saga littéraire : si l’esprit y est, les éléments s’éloignent du livre. David Yates réussit à tenir à bout de bras l’esprit du livre, la magie du monde du jeune sorcier reste encore en place. Mais, par contre, il s’éloigne gravement des scènes du livre (en témoigne le début du film, à l’opposé du début du livre), en inventent d’autres ou alors les déforment.

Le problème c’est qu’il se déforme, pourquoi pas, mais à condition que ce soit mieux que la version papier. Et là Yates et ses scénaristes font face à un gros problème : la version papier triomphe, rend bien mieux compte des sentiments, évènements et émotions qui touchent les différents personnages. Il suffit de voir la fin du film pour en témoigner.
Cependant, la magie opère encore, probablement parce qu’il y a l’envie d’aller au bout et de voir comment Yates va se tirer du septième tome qui sortira en deux parties (novembre 2010 et juillet 2011). Car, là, il aura beaucoup plus de temps, donc des chances en plus d’offrir une apothéose finale de toute beauté pour les fans de la saga.

Steve Kloves s’est offert une tâche compliquée en faisant le scénario du sixième opus, alors que Bruno Delbonnel (un frenchie) a offert dans ce Harry Potter la plus grosse qualité du film : la photographie. Des images toujours aussi splendides, une photographie à couper le souffle et des effets spéciaux ahurissants, en témoigne la scène de Quidditch par exemple. Côté acteur, on pensait les avoir vu mûrir, mais cela ne se ressent pas tant que cela, comme le montre la difficulté d’interpréter l’adolescence.

Enfin, un dernier conseil, si vous pouvez aller voir le film en VO, et non en VF, vous gagnerez en satisfaction. La magie opère toujours, l’envie y est, même David Yates continue d’adapter le livre à sa façon, quitte à déplaire. Le mal s’oppose à l’amour, un clair-obscur relativement bien rendu, même si la préférence aux livres de J.K Rowling est définitivement incontestable.

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