8 décembre 2019
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Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban : La Menace Fantôme

"Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban" est le troisième volet cinématographique des aventures du jeune sorcier le plus célèbre de la planète. Il est aussi sans conteste le plus achevé grâce au talent d'Alfonso Cuaron, fidèle aux contrastes féconds distillés dans le roman original.

Si le choix du cinéaste mexicain aux manettes de cette lucrative adaptation peut surprendre au regard de certains de ses films parfois "épicés", il ne faudrait pas oublier qu'il signa en 1995 un très joli film pour enfants, "Une petite princesse", loin des fadaises inhérentes au genre, où une petite fille était contrainte d'abandonner une enfance dorée pour affronter une réalité moins idyllique.

D'ailleurs, la plupart des thèmes qui traversaient ce film se retrouve dans "Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban" à propos duquel le réalisateur confie : "à travers cette histoire qui nous parle de magie et de créatures fantastiques, se profilent des questions passionnantes sur le passage de l'enfance à l'adolescence, la quête d'identité, les relations avec les amis, l'absence de figure parentale, la recherche d'un mentor."

Car le scénario plutôt subtil de Steve Kloves pour "Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban", et la mise en scène alerte d'Alfonso Cuaron, soulignent ce basculement du héros dans une quête personnelle où il s'agit de se souvenir d'un passé douloureux (la mort de ses parents), d'affronter celui qu'il croît être responsable de leur tragique disparition (Sirius Black, un dangereux sorcier criminel).

Puis, il s'agit aussi de vaincre ses propres peurs (la très belle scène où il comprend qu'il ne doit compter que sur lui-même alors que planent les terrifiants Détraqueurs, gardiens de la prison d'Azkaban) et, enfin, de surmonter ces épreuves afin de continuer à grandir.

Un récit initiatique, certes convenu, dans "Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban" mais joliment raconté où il importe pour Harry de quitter le cocon de Poudlard (même si l'école compte aussi ses ennemis de l'intérieur).

Harry doit aussi surmonter ses angoisses face à un monde qu'il ne maîtrise pas encore (la forêt, lieu angoissant et fantasmatique, comme métaphore d'un avenir incertain). D'ailleurs, l'atmosphère de ce troisième épisode est volontiers plus sombre et inquiétante grâce à une palette visuelle parfois proche d'un conte gothique.

Cependant, avant de frayer du côté obscur de la force, le premier tiers de "Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban" vogue allègrement sur les crêtes de l'humour et de la fantaisie avec une réjouissante séquence inaugurale (le sortilège lancé à la tante acariâtre par un Harry facétieux) puis avec le plaisant voyage du même dans un autobus lancé dans une couse folle à travers Londres et, enfin, grâce aux créatures mystérieuses et autres objets étranges qui peuplent l'auberge où descend Harry avant de rejoindre Poudlard.

Côté distribution dans "Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban", outre Michael Gambon qui remplace le regretté Richard Harris dans le rôle d'Albus Dumbledore (le directeur de Poudlard pour les non-initiés), d'autres comédiens britanniques, et non des moindres, endossent avec gourmandise les costumes de nouveaux personnages : Gary Oldman (Sirius Black), Emma Thompson (Sybille Trelawney), David Thewlis (Remus Lupin), Timothy Spall (Peter Pettigrew) et Julie Christie (Madame Rosmerta) font ainsi leur entrée dans le cénacle tant convoité.

Auteur :Patrick Beaumont
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