8 décembre 2019
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Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban : Troisième année !

A voir la cohorte de spectateurs en liesse au sortir de "Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban" dès le premier jour de diffusion sur nos écrans, on peut se dire que la magie opère aussi avec Alfonso Cuaron.

En effet, le réalisateur mexicain, qui s'est vu confier les rênes de ce troisième épisode à la suite de Chris Colombus, s'acquitte parfaitement de sa mission en apportant un nouveau souffle de créativité mais sans trahir ni le monde de Harry Potter chéri par Jo Rowling, ni l'esprit des 2 premiers volets.

On retrouve donc Harry, notre gentil sorcier, qui poursuit son apprentissage à Poudlard et son apprentissage de la vie.

Pour ne pas se laisser désarçonner par la narration de "Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban" qui alterne à un rythme soutenu les péripéties riches en action et les périodes d'accalmie qui pourraient passer pour des moments de flottement (alors que ce n'en est pas), il est important de ne pas perdre de vue le fait que les personnages ont grandi.

Désormais âgés de 13 ans, ils se retrouvent plongés dans les affres de l'adolescence. Et dans "Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban", l'évolution des personnages en plein dans la phase transitoire de l'adolescence compte tout autant que les aventures fabuleuses qu'ils vont vivre.

Tout en insufflant à "Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban" magie et merveilleux, Alfonso Cuaron nous livre une histoire plus mûre dans laquelle la problématique de l'adolescence est saillante. Ainsi, il nous montre avec beaucoup de tact et de finesse Harry, Ron et Hermione en proie à leur devenir.

Dès la scène d'ouverture, Harry affirme sa personnalité en se rebellant contre l'autorité tutélaire de sa tante Pétunia Dursley et de son oncle Vernon engoncés dans les préjugés et dans les règles rigides de convenances.

En guise de réponse à une maltraitance verbale qu'il ne supporte plus, Harry use « illégalement » de ses pouvoirs magiques contre l'affreuse tante Marge : une scène saupoudrée d'humour qui marque le pas franchi par Harry, désormais sorti du monde de l'enfance.

Puis, des péripéties où le fantastique côtoie l'humour, Alfonso Cuaron fait émerger les aspects importants liés à l'adolescence : la découverte et la construction de la personnalité individuelle, la naissance balbutiante de l'attirance garçon-fille, le besoin de s'affirmer, l'évolution des rapports affectifs avec l'entourage, un besoin d'autonomie, la nécessité d'affronter ses peurs irraisonnées d'enfant pour devenir adulte.

Plus précisément, Harry est confronté de pleine face à son passé douloureux : il apparaît comme un jeune garçon qui souffre de grandir sans modèle et sans réconfort parental, jusqu'à ce qu'il se sente rassuré lorsque le professeur Lupin le prend sous son aile en lui donne les moyens d'affronter les Détraqueurs (mandatés pour arrêter Sirius Black, l'assassin en cavale) qui le terrorisent.

Ron (joué par Ruppert Grint), lui, cherche à vaincre sa timidité et ses peurs en les désamorçant par le biais de l'humour : les remarques qu'il sort dans les moments critiques sont tellement inattendues que les rires fusent spontanément dans la salle.

A ce titre, Ruppert Grint avec ses mimiques et grimaces aussi justes que très marquées, est irrésistible de drôlerie : reste à souhaiter que d'autres réalisateurs remarquent ce jeune talent.

On ne saurait parler de "Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban" sans évoquer les folles dimensions de l'imagination et de la créativité de l'ensemble !

Car ce nouvel épisode est peuplé de créatures fantastiques fascinantes et d'objets extraordinaires qui nous font définitivement tomber sous le charme : l'hippogriffe (animal qui semble être un croisement d'aigle et de cheval), le grimoire mû par un instinct animal et qui, « physiquement » emprunte certains aspects des animaux (pelage, griffes, crocs), les Détraqueurs aspirateurs d'âmes, le magicobus.

A cela s'ajoutent des professeurs farfelus, des lieux aux noms aussi énigmatiques que fabuleux, des formules magiques, des signes cabalistiques et un soupçon de magie noire qui contribuent à nous faire ouvrir des yeux tout ronds d'émerveillement.

Même la construction de la narration est inventive et pertinente.L'univers, le scénario, les effets spéciaux, la photographie -qui, visuellement, penche parfois du côté du gothique-, les personnages, la bande-son, tout, dans ce troisième volet, a été ciselé pour nous offrir un spectacle riche et complexe démontrant que magie et tourments ancrés dans la réalité ne sont pas incompatibles.

Aussi, on ne fera pas la fine bouche déplacée en reprochant les quelques éléments prévisibles du film et les manques par rapport au livre original. Une chose est sûre, la vie de sorcier n'est pas un long fleuve tranquille !

Auteure :Nathalie Debavelaere
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