10 juillet 2020
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Hitchcock : Passionnant !

Ces dernières années, un genre particulier est revenu en grâce dans nos salles obscures : les biopics. La semaine passée sortait le "Lincoln" de Steven Spielberg, et ce mercredi 06 février, c'est "Hitchcock" qui était à l'honneur. Réalisé par un ancien scénariste de Spielberg, le Britannique Sacha Gervasi, ce film dédié au maître du suspense et incarné avec un habituel brio par Anthony Hopkins, se consacre à une période bien précise de la vie du cinéaste…

Il existe une multitude de manières de réaliser un biopic, mais il y a surtout un choix qui est fait dès le départ par le réalisateur : essayer de retracer la vie entière de quelqu'un, de passer d'époque en époque et suivre le fil de son épopée ; ou alors exercer un focus sur un moment précis de son existence, comme le récent film de Simon Curtis "My Week with Marylin". C'est la deuxième option qu'a choisie Sacha Gervasi pour construire le biopic d'Alfred Hitchcock. Une idée judicieuse car la période à laquelle est mise en scène ce monstre sacré du cinéma, marque un épisode important de sa carrière : le tournage semé d'embuches de son film "Psychose",  sorti en 1960, que certains considèrent aujourd'hui comme son plus grand succès.

On est ainsi embarqués dans les coulisses du tournage et on y découvre un cinéaste en mal d'inspiration, fatigué par le succès, et presque largué par la puissante Paramount, qui n'est pas décidée à lui donner carte blanche sur ce qu'elle considère comme un énième caprice du Britannique. Résolu à engager ses propres deniers pour mener son projet à bien, Hitch' (pour les intimes) décide de se lancer corps et âme dans sa réalisation.

Mais Sacha Gervasi ne se contente pas de dévoiler l'envers du décor d'un tournage hitchcockien. Il utilise la vie sentimentale du réalisateur comme un fil rouge. Il nous montre par exemple le peu de reconnaissance qu'Hitchcock exprimait envers son épouse, Alma Reville, sa plus fidèle collaboratrice, campée avec beaucoup de finesse par l'actrice britannique Helen Mirren. Il revient également sur l'irrésistible attirance qu'il avait pour ses jeunes actrices (incarnées ici par Jessica Biel et Scarlett Johansson). De manière plus globale, le film revient longuement sur la relation complexe qu'entretenait Hitchcock avec les femmes. Le voile se lève progressivement sur certaines de ses facettes cachées, comme sa jalousie maladive ou son côté névrosé.

A 76 ans, n'ayant plus rien à prouver à Hollywood depuis bien longtemps, Anthony Hopkins se régale avec les mimiques et les postures « hitchcockiennes » : ventre en latex, maquillage outrancier, comme à son habitude l'acteur américain est très crédible et vaut peut-être à lui seul une bonne raison d'aller découvrir le film. Si l'on note ici et là quelques longueurs, le réalisateur a eu une autre bonne idée : éviter de livrer un film de 2h30 (comme c'est souvent le cas pour un biopic), mais plutôt essayer d'être le plus efficace possible en à peu près 1h30. Mission accomplie !

Auteur :Pierre-Gérard Lespinasse
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