25 janvier 2022
Archives Critiques

Hollywood Ending de Woody Allen : La critique

Les derniers films de Woody Allen avaient été, assez injustement, dépréciés par certains admirateurs toujours en attente d'un nouveau chef-d'œuvre.

Certes moins incisif et profond, voire inspiré, qu'à ses grandes heures comme c'est le cas ici avec "Hollywood Ending", Woody Allen n'en continue pas moins de nous faire rire, réunissant un public fidèle, notamment en France et en Europe, auquel il rend un hommage, non seulement dans son film, mais également en acceptant de présenter son film en ouverture du Festival de Cannes.

Ce qui force l'admiration, c'est que, malgré l'attente et l'espoir répétés de le voir replonger dans l'esprit Manhattan, malgré les succès relatifs de ses précédentes comédies, "Escrocs mais pas trop" et "Le sortilège du scorpion de jade", Woody Allen n'en finit pas de s'amuser à tourner des comédies légères et drôles autour d'un personnage bien rôdé, vieux tombeur de minettes névrosé, hypocondriaque à souhait, en Duracell de la vanne. Vous voyez de qui je parle ?

Allen, qui se défend d'être le génie intellectuel ainsi décrit, ne soucie pas de l'extérieur. Allen, tout simplement, se fait plaisir et manie trop bien l'autodérision pour ne pas saisir la nature des prières dont il est l'objet.

Val Waxman, en cinéaste new-yorkais déséquilibré, ex-ténor de la caméra réduit à la misère artistique, lui ressemble bien, même si l'exagération et le non-sens sont deux choses familières à Woody Allen.

Alors oui, "Hollywood Ending" est un tantinet moins bien ficelé, on y retrouve un peu moins de fantaisie, notamment dans sa partie centrale.

Mais pour l'avoir visionné une seconde fois, je peux affirmer que les scènes sont souvent redoutables et la déception initiale s'efface bien vite devant le plaisir de reprendre une part du Woody Allen's Show. Enfin, il est vrai aussi que la satire hollywoodienne aurait pu être bien plus mordante, plus acide.

Au lieu de faire mal en enfonçant sa patte dans ce qui pourri son Art préféré, la fourmiz Allen assène dans "Hollywood Ending" quelques piques qui, si elles irritent, chatouillent plus qu'elles ne heurtent.

On peut néanmoins se délecter d'une réplique savoureuse dans laquelle Allen se demande pourquoi ses concitoyens en sont arrivés à un tel degré de débilité. Le fast-food est son premier élément de réponse…

Allen, auteur de cette comédie sans prétention bien meilleure que la majeure partie des films, s'en va tout de même de sa métaphore sur la cécité. Faut-il être aveugle pour ne pas voir les grosses ficelles hollywoodiennes ? Faut-il être aveugle, ou sourd, face aux règles édictées par les majors pour transformer un film commercial vide mais aux bourses pleines (une bouse, quoi) en un chef d'œuvre du 7ème Art ? That is the question…

Alors, Woody Allen, toujours demi rebelle avec "Hollywood Ending" ? Considérant sa carrière et son obstination à faire des films comme il lui plaît et comme il nous plaît, je crois que non.

Et puis tant pis si l'on doit encore attendre une prochaine fois pour frémir d'émotion devant un Woody Allen plus noir, qui nous fasse réfléchir autant que rire.

Auteur :Alessandro Di Giuseppe
Tous nos contenus sur "Hollywood Ending " Toutes les critiques de "Alessandro Di Giuseppe"

ça peut vous interesser

Mon Légionnaire : La patience est le maître-mot

Rédaction

Mon Légionnaire : Concours national

Rédaction

Villa Caprice : Arestrup magistral

Rédaction