21 juillet 2019
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Hollywood Homicide : Un divertissement très bien mené

Pourquoi maintenant, dès qu'un film estampillé « Made in USA » franchit nos frontières, faut-il systématiquement qu'une meute de critiques enragés se jette sur lui pour le réduire en charpie et que les aficionados du cinéma d'auteur le flingue, et cela avant même de l'avoir vu ?

En effet, à en croire les honorables élus des hautes-sphères du cinéma, "Hollywood Homicide" serait le pire navet que le cinéma ait jamais enfanté. Un jugement expéditif car, n'en déplaise au gratin du cinéma, le film se révèle être un joyeux divertissement. Certes, "Hollywood Homicide" n'apporte pas un nouveau souffle au 7ème art et ne déroge pas aux canons du film d'action policier.

La soumission aveugle au style tape-à-l'œil du genre est d'ailleurs la principale faiblesse de "Hollywood Homicide" : la « commercialement correcte » B.O pré-maquettée, le tapage visuel et sonore des bagarres, courses-poursuites et duels d'armes, le langage stéréotypé des rappeurs (une fois de plus rangés dans la catégorie des petites frappes jamais coupables des méfaits dont ils sont accusés) sont autant d'ingrédients dont on se serait bien passé !

Mais, en revanche, le scénario, qui joue à fond la carte de l'humour au second degré, prend, de manière fort réjouissante et sur un rythme enlevé, le contre-pied du fameux et classique duo de policiers.

Joe Gavilan, le vétéran au caractère bien trempé dont les méthodes déplaisent à sa hiérarchie, et K.C. Calden, le « gamin » fraîchement sorti de l'école de police, opèrent en tandem sur les enquêtes dont ils sont chargés mais ne se satisfont pas de leur simple condition de flics.

Tous deux ont, non pas une vie à côté, mais un second boulot : Joe ne vibre que lorsqu'il place des baraques de rêve en biaisant, tel un agent immobilier redoutable et fourbe. Tandis que Calden joue les jolis cœurs qui donne des cours de yoga (et plus si affinités) à une ribambelle de jolies femmes ayant cruellement besoin de se sentir zen.

Dans le rôle de Joe, on retrouve un Harrison Ford qui prend un sacré plaisir à ne jamais se prendre au sérieux et à tourner en dérision le système hollywoodien : et autant dire qu'il casse son image en montant sur une bicyclette rose pour pourchasser les malfrats !

Quant à Josh Hartnett, il s'en tire avec les honneurs dans le rôle du novice : il donne la réplique à Harrison Ford de manière convaincante. L'occasion -des meurtres dans le milieu de la chanson, milieu à la porte duquel les jeunes rappeurs de banlieues se poussent -  fait les 2 larrons !

Harrison Ford et Josh Hartnett s'éclatent, c'est évident !  Tout cela donne lieu à des situations qui sont véritablement à croquer : sous prétexte d'une affaire à élucider, Ron Shelton se moque sous cape, avec la complicité d'Harrison Ford, de la société surfaite d'Hollywood, et c'est là la force du film. Ron Shelton manie comme un chef d'orchestre le second degré et semble très à l'aise dans le style parodie de comédie policière à la hollywoodienne.

La cerise sur le gâteau, ce sont les situations cocasses qui jalonnent le film. Il faut voir Harrison Ford se payer la tête de la police et se transformer en gamin capricieux dans la salle d'interrogatoire lorsqu'on veut lui prendre son téléphone des mains. Alors que, dans la pièce d'à côté, l'enquêtrice tombe sous le charme de Josh Hartnett qui tient, imperturbable, la position du lotus ! Il faut voir ces deux-là se ruer sur leur téléphone dans des lieux où nos amis les portables ne sont pas admis ! J'en passe et des meilleures ! 

Vous l'aurez compris, "Hollywood homicide" est un film bien mené qui permet de prendre la soirée du bon côté ! Cela fait un bien énorme de ne pas toujours intellectualiser le cinéma. Et donc il n'y a pas de mal à s'offrir 2 heures de bon divertissement !

Auteure :Nathalie Debavelaere
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