23 septembre 2019
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Hollywoodland : Hollywood, ce n’est pas que du cinéma !

En ces fêtes de fin d'année, le cinéma n'est pas à la fête (bon d'accord les chroniqueurs sont, eux aussi, fatigués) Dans ce marasme de films passables et dans l'attente d'une année 2007 prometteuse, un distributeur s'est planté en présentant "Hollywoodland" en avant-première, entre le nouvel an et l'épiphanie. Remarquez, si vous cherchez un bon film, vous êtes surs de ne pas vous tromper ! Parce que ce film vaut le détour !

Ambiance années 60, "Hollywoodland" nous plonge dans l'industrie infernale du cinéma. Histoire d'argent, d'apparences bien sur, de business. Et non, le cinéma n'est pas que de l'art, mais une magnifique manufacture en marche. Et que faire lorsque s'annonce le début, l'introduction, une pincée d'un scandale, l'étouffer dans l'œuf, qu'importe que ce soit au prix de la vérité. Envers du décor, lutte de pouvoirs, accords, rapport de force…

"Hollywoodland", ton univers impitoyable ! Et quoi de mieux pour dénoncer ces petits travers que le suicide emblématique de notre héros à tous, du super héros par excellence, celui dont personne n'ose se moquer de son collant bleu : Superman. Bien avant Christopher Reeve (décidément, il y a des noms prédestinés à des rôles et des fins tragiques) et Brandon Routh, Superman fut incarné par George Reeves.

C'était à la télévision américaine entre 1952 et 1959 dans Les aventures de Superman. Cette série est devenue culte pour avoir mis en scène pour la première fois le super héros et pour la mort tragique de son comédien. Ce dernier est retrouvé mort d'une balle dans la tête à son domicile en 1959. Suicide ? Assassinat ? Si oui, par qui ? Si toutes les hypothèses ont été envisagées, cette mort restera une énigme !

C'est cette enquête que nous propose d'effectuer Allen Coulter. Construit par les Flash back sur la vie de Reeves alias Superman et les recherches de l'antipathique détective privé Louis Simo, "Hollywoodland" nous ballade entre fausses pistes, interrogations, magouilles, pots de vin et j'en passe. Il s'interroge au passage sur la difficulté pour un comédien de télévision à passer au grand écran.

"Hollywoodland" met en valeur, de façon particulièrement intelligente et terrifiante, la puissance de la télévision sur les enfants, ne distinguant plus tout à fait fiction et réalité. Coulter (réalisateur de nombreux épisodes des "Soprano" et de "Sex & The City") maîtrise son sujet et ses comédiens, Ben Affleck (Reeves) et Adrien Brody (Simo) en tête.

Le premier retrouve enfin un rôle intéressant. Il est plein de finesse. Sa prestation a d'ailleurs été saluée à Venise. Et Adrien Brody est remarquable dans ce rôle de détective détestable, dont la rédemption n'est jamais attendue, tant il court après l'argent et le succès, sans foi ni morale.

Toutefois, on regrettera que le film manque un peu de rythme. Ce dernier aurait mérité d'être un peu plus soutenu. Cependant, l'ensemble est plus que satisfaisant. Ce n'est pas la première fois que le cinéma s'attaque à des énigmes judiciaires il est vrai (cf : "JFK").

Le réalisateur n'aura pas eu l'audace d'aller jusqu'à prendre partie, mais il a eu celle de s'attaquer à son milieu, même si c'est en d'autres temps. Le bonhomme n'est tout de même pas suicidaire ! Le sujet est particulièrement bien trouvé (quoi de plus attachant et caricatural que le décès d'un super héros) parce qu'il permettait d'exploiter divers idées qui ont été justement traitées. Le tout sonnant bien le cinéma.

En somme, "Hollywoodland" est un bon film, qui mérite que l'on s'y attarde.

Auteure :Magali Contrafatto

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