21 novembre 2019
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Holy Motors de Leos Carax : La critique

Il est de retour avec "Holy Motors" ! Ce réalisateur qui fait du cinéma pour être orphelin, selon ses propres dires, et qui avait subjugué une génération entière avec ses "Amants du Pont Neuf".

Depuis ses rarissimes productions tiennent plus de la tentative avortée que du Come-Back. Apprendre que son dernier opus, "Holy Motors", avait acquis l'honneur de faire partie de la sélection officielle à Cannes suscita instantanément attente et curiosité.

Force est de constater que l'on nage en plein doute après le visionnage de "Holy Motors". Péché d'orgueil ? Autisme ? Il est difficile de cerner la finalité de ce long métrage. Unité de temps -l'histoire se déroule l'espace d'une journée- mais parcellisation du propos et des séquences.

L'auteur nous invite à suivre les métamorphoses de monsieur Oscar, étrange comédien qui passe de vie en vie. Les transformations s'opèrent de visu : l'immense Denis Lavant se grimant devant sa glace et face caméra. Témoin, son chauffeur l'Edith Scob des "Yeux sans visage", tiens, tiens !

Car tout est à l'avenant, « private jokes» (réutilisation de patronyme de films précédents, le monsieur Merde de Tokyo, ou lieux déjà visités auparavant, le sus nommé Pont Neuf), cela donne la sensation de pénétrer avec effraction dans un univers où l'on ne serait pas invité. En résulte une sorte de lettre de motivation voire de CV des compétences de l'artiste.

Des décompositions photographiques du mouvement chères à Muybridge à la motion capture, Léos Carax revisite l'histoire du 7ème Art avec "Holy Motors"; c'est brillant mais parfois totalement abscons.

Il est toujours dommage d'avoir la sensation de rester à la porte d'un spectacle faute de clef interprétative.

Auteur :Régis DulasTous nos contenus sur "Holy Motors " Toutes les critiques de "Régis Dulas"

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