28 septembre 2021
Critiques

Honeyland : Quand la goutte de miel fait déborder le pot

Par Eléna Vedere

Il serait insensé de dire qu’"Honeyland" n’est qu’un beau documentaire sur la récolte du nectar divin. Bien entendu, si vous êtes curieux quant à la récolte traditionnelle du miel, ce film correspondra à vos attentes. Mais "Honeyland" (distribué par KMBO), c’est d’abord une réflexion sur l’avidité humaine, sur notre volonté du « toujours plus, quitte à tout réduire à néant ».

Que dire lorsque Hussein, le père de famille, déclare au marchand de tapis « qu’il faut faire des enfants, (parce que) c’est une vraie mine d’or » ? Comment assimiler des êtres vivants à des objets purement mercantiles ? Comment ne pas être frappé par le clivage, le fossé, le ravin entre les conceptions du monde des deux familles ? Tandis que l’une n’est qu’amour et simplicité, l’autre a déjà posé un pied dans la machine infernale de la société de consommation.

"Honeyland", c’est trois ans de tournage pour quatre cent heures de rush. Ce sont des paysages macédoniens à couper le souffle. C’est une ode au respect et au vivant, mais paradoxalement, un film si frustrant, si rageant. A la fin du film, dans mon petit carnet, j’ai noté la chose suivante : « importance du son ». Et finalement, je ne souhaite pas développer davantage sur ce point. Et si j’agis de cette manière, c’est simplement pour vous inviter à aller voir vous-même le film.

"Honeyland" n’est pas une expérience de cinéma traditionnelle. Elle prodigue quelque chose de plus fort, un essaim d’émotions. Parfois bonnes, parfois mauvaises, mais Tamara Kotevska et Ljubomir Stefanov nous ébranlent, nous font réfléchir et aussi, nous frustrent. C’est la dure loi de la vie. Parce que, gardons toujours ça dans une alvéole de notre tête : bien mal acquis ne profite jamais.


Tous nos contenus sur "Honeyland" Toutes les critiques de "Eléna Vedere"

ça peut vous interesser

Trois (excellentes) raisons de regarder The Crown

Rédaction

Filles de Joie : Tristesse et haine

Rédaction

La Vérité : Des mots qui sonnent faux

Rédaction