15 novembre 2019
Critiques

Hors Normes : Sonnette d’alarme

La critique du film Hors Normes

Par Auxence Magerand

A partir de héros bien réels, le duo Toledano-Nakache a construit une fiction, "Hors Normes". On y suit Bruno Hoche (Vincent Cassel), à la tête d'une association qui s'occupe d'enfants autistes. Avec Malik (Reda Kateb), Dylan (Bryan Mialoundama) et tous les autres, Bruno a mis en place un suivi essentiel que l'État français n'a jamais permis. Seulement, l'administration n'apprécie pas ce système non-agréé et enquête sur l'utilité de telles pratiques.

"Hors Normes" rend un hommage chaleureux à ces associations de l'ombre (à commencer par Le Silence des Justes) qui se battent quotidiennement pour accompagner des autistes comme pour former des éducateurs spécialisés, malgré leur statut fragile. Mention spéciale au personnage de Joseph, incarné par le particulièrement touchant Benjamin Lesieur, qui offre un discours sincère sur l'insertion des autistes adultes dans la société – et qui permet un fameux running gag sur les alarmes du métro. Enfin comme à l'habitude des cinéastes du "Sens de la Fête", le film est une ode au multiculturalisme, croisant les parcours de vie avec une touche d'humour bienvenue.

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Vincent Cassel dans Hors Normes

Pourtant nous voilà au cœur d'un problème récurrent dans le cinéma contemporain : "Hors Normes" est l'exemple type du 'film nécessaire', celui qui considère qu'un cri d'alerte cinématographique doit être encensé sans réserves. Or on ne fait pas un film avec des intentions, aussi louables soient-elles. En vérité, "Hors Normes" reste un feel-good movie sans grandes aspérités et terriblement programmatique. On est très loin de l'excellent "Give Me Liberty" de Kirill Mikhanovsky sorti en août dernier, qui parvenait à faire un portrait explosif et sans concessions du monde du handicap.

Humaniste mais lisse, le scénario de "Hors Normes" veut régler tous les conflits, individuels et collectifs – quitte à le faire sèchement en deux intertitres finaux. Puis, on se rend compte que le long-métrage tente une re-création naturaliste du documentaire d'origine sur le sujet d'Eric Toledano et Olivier Nakache (« On devrait en faire un film »), dont on se demande bien quel est l'apport. Après tout, c'est peut-être moi qui suis sans-cœur. Ou alors c'est la barbe postiche d'Alban Ivanov en restaurateur juif qui ne colle pas.

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