21 octobre 2019
Critiques

Imitation Game : La critique

C'est sans doute la production anglaise du mois. "Imitation Game" portée par Benedict Cumberbatch, évoque l'histoire méconnue mais pas inintéressante d'Alan Turing, un génie des mathématiques qui sauva des vies lors de la Seconde Guerre mondiale.

Certains diront que c'est un film pour les Oscars et la récente nomination du film dans la catégorie du meilleur film et du meilleur acteur pour Benedict Cumberbatch va dans ce sens. Les raisons sont assez évidentes au bout des quelques 120 minutes de film. D'abord, et avant tout, par le sujet du film et en particulier sur son personnage central. Ensuite par l'interprétation remarquable de Benedict Cumberbatch.

"Imitation Game" s'appuie sur la biographie de Alan Turing, écrite par Andrew Hodges, pour raconter le rôle important qu'a joué le mathématicien durant la Seconde Guerre mondiale. Ses recherches sur la cryptographie ont permis de déchiffrer plusieurs messages ennemis ce qui, selon plusieurs historiens, aurait accéléré la chute du nazisme.

C'est donc un biopic qui est présenté ici par Morten Tyldum, réalisateur tout aussi méconnu que le personnage principal de son film. Un personnage au destin peu ordinaire qui mérite donc un angle particulier.

Tout débute sur la parole, en voix off, d'Alan Turing permettant au spectateur d'apercevoir dès les premières minutes que la personnalité du personnage est particulière. Pour la comprendre, le film se déploie sur trois axes temporels.

Le spectateur est invité à découvrir trois périodes marquantes dans la vie du mathématicien. Ces jeunes années d'internat, son expérience de la guerre où son destin hors du commun pris son envol et enfin sa vie anonyme d'après-guerre.  Ces trois axes donnent une narration sophistiquée mais amènent, petit à petit, de troublantes nuances d'humanité pour son personnage central.

L'imitation Game est un jeu qui consiste notamment à déterminer si votre interlocuteur est un humain ou une machine. C'est la clé qui a permis à Allan Turing de comprendre comment comprendre la fameuse Enigma.

Mais le génie britannique n'est pas seulement un mathématicien, c'est aussi un homme qui a subi de nombreuses persécutions à cause de son homosexualité, dans la période d'après-guerre. Héros de guerre un jour, criminel condamné pour indécence le lendemain, Alan Turing n'est définitivement pas quelqu'un comme les autres.

Pour incarner un tel personnage, le choix de Benedict Cumberbatch n'a rien d'anodin. Pour ceux qui connaissent celui qui s'est fait connaitre en tant que Sherlock Holmes, le voir sans la peau d'Alan Turring apparait comme une évidence dans ce personnage en marge partage des attitudes similaires avec le détective que l'acteur incarne encore.  

C'est donc sans difficulté, et grâce à une juste interprétation, que le spectateur est interpellé par le destin de ce héros de guerre anonyme. Les personnages secondaires ne sont pas en reste avec un casting trois étoiles en les personnes de Keira Knightley, Matthew Goode et Mark Strong notamment.

"Imitation Game" a donc des atouts à faire valoir aux Oscars. Hollywood a toujours aimé les biopic sur des personnages qui ont connu un destin particulier. Si Morten Tyldum parvient bien à imprégner son film de l'esprit de son héros, il manque une valeur ajoutée dans la réalisation pour pouvoir repartir avec l'Oscar du meilleur film.

Ce n'est qu'un pronostic bien sûr comme celui de voir Benedict Cumberbatch repartir avec la statuette du meilleur acteur, une récompense qu'il mériterait tant sa prestation permet à "Imitation Game" de capter l'attention sur l'existence d'un homme qui avait comme qualité et défaut, le simple fait d'être différent.

Auteur :François Bour

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