17 septembre 2019
Critiques

Inséparables : La critique du film

Critique du film Inséparables

par Elisa Drieux-Vadunthun



"Inséparables", réalisé par Varante Soudjian sort en salles ce 04 Septembre. Les deux humoristes et acteurs Ahmed Sylla et Alban Ivanov, qui ont l’habitude de réaliser des spectacles ensemble, se retrouvent pour la première fois à l’écran. Ils sont les têtes d’affiche qui nous suscitent de larges fous rires et nous transportent dans une bonne humeur, une convivialité sans limite.

Deux acteurs surprenants et au grand cœur qui, derrière leur image commune de prisonnier et de gros bras (plus pour Alban Ivanov incarnant Poutine), montrent qu’il ne faut pas s’arrêter aux seules apparences. Tous deux sont des hommes sensibles, nous rappelant que, même s’ils ont fait des erreurs dans leur vie, ce n’est pas pour autant qu’ils sont écartés du Monde et ne peuvent pas tisser de lien avec les gens.

Poutine, effrayant au premier abord, prêt à jeter la grenade à n’importe qui, sans charisme apparent, est finalement pour nous charismatique, car, derrière cet homme qui attaque un peu trop vite ceux qui ne font pas des choses qui peuvent forcément lui plaire, il est un humain qui ne sait pas quoi faire pour essayer de se faire comprendre et montrer son attachement aux autres. Il est à la fois brut de décoffrage, susceptible parfois, et un peu perdu côté humour. Mais, c’est tout de même un personnage très attachant et qui a, on peut le dire, de l’amour à revendre.

Pour Mika, c’est un caractère plutôt étonnant, qui sort de l’archétype du détenu de prison. Mika aime escroquer, aime, plus que tout, jouer aux jeux d’argent, ment un peu beaucoup, abuse des gens, et va découvrir, pour son plus grand malheur, qu’on ne peut échapper à sa vraie nature et à ses erreurs. Elles referont toujours surface. Ne faudrait-il pas alors plutôt les surmonter et les assumer, non pas bien sûr avec aisance, mais sincérité ?

"Inséparables" est une bonne comédie française, mais qui peut quand même déranger sur certains points… Après être sorti de prison, Mika décide de s’acheter une nouvelle identité pour débuter une nouvelle vie. Il va alors trouver un nouveau travail, entamer une vie de couple qui est sur le point de se formaliser par le mariage, lorsque son comparse de prison, Poutine, frappe à sa porte.

- Aussi, le premier point dérangeant est-il la vision du mariage qui n’est pas toujours bien mise en valeur. Pour son enterrement de vie de garçon, Mika est convié par des amis de sa femme à une soirée, mais pas n’importe laquelle ! Au rendez-vous des strip-teaseuses, prostituées dans un bar de pool-dance. Pourquoi l’avant d’un mariage serait-il forcément vu comme le dernier moment de la vie d’un homme ou d’une femme, comme un moment sacré où l’homme peut avoir des rapports avec d’autres femmes que sa future femme, peut faire tout et n’importe quoi ?

Cette scène nous donne presque comme vision du mariage celle d'une prison pour celui qui va s’engager, ou pour pousser encore plus loin, presque une atteinte à la liberté. Le mariage ne serait-il pas normalement un moment où nous sommes prêts à s’engager à vivre avec celui ou celle que nous aimons profondément et non pas une épreuve où nous disons adieu à tout ce que nous aimons ?

- Le deuxième point critique de ce film est la crédibilité de la détention. Des conditions d’accueil des détenus telles que mises en scènes dans ce film sont pour la France d'aujourd'hui presque idylliques. Pour ceux qui souhaitent y trouver une remise en cause de notre système carcéral, il faudra repasser.

En effet, dans la prison où se retrouve Mika, et où il va faire la connaissance de Poutine, nous pouvons voir des cellules parfaitement bien aménagées, grâce notamment à un mobilier plutôt neuf. Les détenus peuvent facilement discuter entre eux, aller de chambre en chambre sans aucun problème et même jouer à des jeux d’argent… Un peu étonnant, non ?

Varante Soudjian semble être allé à la facilité en développant son histoire à travers des idées bien reçues, « les grosses ficelles » de l’humeur, loin de la finesse d’esprit de Kheiron (comme on a pu l’apprécier dernièrement dans "Mauvaises Herbes"). En résumé, certaines choses ne collent pas dans ce film : les scènes de prison, certes drôles, mais pas très réalistes, une fin assez décevante, déjà vue, et une bande-son peu présente et dont les seules musiques ne nous pas marquent pas plus que cela.

Cependant, et peut-être curieusement, "Inséparables" est dans l’ensemble une belle réussite humoristique, vraisemblablement grâce aux acteurs qui nous réveillent de la platitude cinématographique de ces dernières semaines estivales ; ils nous font même parfois pleurer de rire. L’histoire est originale, le scénario bien structuré, les gags bien dosés même si déjà vus et une chute avant la fin bien placée. La carrière du film débute donc avec de très bons retours, un public enthousiaste comme ce fut le cas lors de l'avant-première à Kinepolis Lomme, mais la note finale est encore à voir.

Enfin, notons que c’était une envie de la part du réalisateur de voir Ahmed Sylla et Alban Ivanov sur la même affiche, c’est « un film fait sur mesure pour eux » nous dit-il à l’avant-première d’"Inséparables" à Kinépolis Lomme.

"Inséparables" sera peut-être propice à une suite, mais cela ne se tient pas encore… Tout dépend du retour du public et du chiffre d’entrées final. En attendant, il vous attend dès ce mercredi pour vous mettre dans la joie et la bonne humeur...

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