Archives Critiques

Instincts meurtriers : Critique

Il est surprenant de constater que derrière la caméra, on retrouve le cinéaste Philip Kaufman, autrefois reconnu pour L'étoffe des héros, fresque sur la conquête spatiale mais aussi il faut le rappeler, créateur avec George Lucas du personnage d'Indiana Jones. Plus de dix ans après "Soleil Levant", le réalisateur décide de revenir arpenter le terrain du thriller avec "Instincts Meurtriers".

Le long métrage commence sur des panoramiques de San Francisco dans la brume où se noie le Golden Gate. Une première intervention plutôt musclée de l'héroïne et l'on apprend qu'elle se nomme Jessica Shepard, inspectrice promue à la brigade criminelle. Suite à une série de meurtres à l'aspect rituel, elle enquête avec son co-équipier Mike Delmarco et découvre que les victimes sont ses anciens amants. Hanté par le passé psychopathe de son père, elle commence à douter d'elle-même.

Voilà un film de serial killer de plus qui débarque sur les écrans et que certains ont déjà osé comparer à "Seven" ou "Basic Instinct" (qui est tout de même incohérent dans son final). Mais, en regardant de plus près, les coïncidences avec les oeuvres citées précédemment sont en vérité minimes car "Instincts Meurtriers", ce petit polar, certes pas très original sur le fond, et qui aurait même des odeurs de film de commande, n'est pas si ennuyeux que l'on voudrait nous faire croire.

Tout d'abord, on remarque que la distribution est de premier ordre avec des comédiens rompus à ce registre. La talentueuse Ashley Judd met toute sa conviction au service du rôle : entre impulsivité et vulnérabilité, elle laisse parfois exprimer sa grâce féline dans certaines scènes. Ses partenaires, le trop rare Andy Garcia en détective amouraché et Samuel L. Jackson, le mentor et protecteur divisionnaire viennent lui prêter main forte. Et puis il est devenu rare de voir une femme être l'héroïne d'un suspense.

De plus, la mise en scène dans "Instincts Meurtriers" opte pour la sobriété : pas de montage nerveux, ni de scènes chocs et les revolvers sortent très peu de leurs étuis. L'intrigue maintient le suspense et jette la suspicion sur chaque protagoniste de l'affaire. L'ambiguïté de ceux-ci étant entretenu par le jeu subtil des acteurs. Même si les recettes inhérentes au genre sont appliquées, il reste bien difficile de dénicher le coupable. Le seul défaut que l'on pourrait reprocher à ce film, est en fait l'absence d'une véritable ambiance.

En somme et cela malgré sa courte durée, "Instincts Meurtriers" se révèle être un polar sans prétention qui remplit honorablement son contrat de divertissement et qui bénéficie en outre de l'expérience d'un réalisateur confirmé.

Auteur :Fabien Rousseau
Tous nos contenus sur "Instincts meurtriers" Toutes les critiques de "Fabien Rousseau"

ça peut vous interesser

L’étoffe des héros : Plus vite… plus haut… plus loin

Rédaction

Mort à 2020 : Un OVNI débarque sur Netflix

Rédaction

Le Dernier Château : A mon commandement, repos !

Rédaction