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Intouchables : Un vrai grand bonheur !

Leur force les rend "Intouchables". Ils avaient pourtant de sacrés handicaps. Physique pour Philippe. D'origine pour Driss. Leur rencontre sera mercredi sur les écrans. Une comédie fine et remarquable, un bonheur de spectateur. La télé ne sert pas qu'à produire du temps de cerveau disponible pour mieux vendre des sodas. Parfois, elle peut être à l'origine de belles histoires ou même de très grandes comédies. La preuve donc avec "Intouchables", nouvelle réalisation du duo Toledano-Nakache qui ont découvert cette histoire dans un documentaire.

Ils nous avaient déjà enchantés avec "Nos jours heureux", et fait se remémorer les dîners de famille avec "Tellement proches". Les voilà donc qui content une histoire - presque - vraie, celle de la rencontre entre un jeune de banlieue et un homme d'affaire tétraplégique. Un accident de parapente a laissé Philippe, riche aristocrate, cloué dans un fauteuil. Une infortune qui bien sûr change sa vie : il va lui falloir un aide à domicile, qui pourra l'aider à gérer le quotidien. Contre toute attente et au grand dam de sa fille et de son assistante, il engage Driss. Un jeune de banlieue qui sort tout juste de prison, buté, bourru et au franc parler qui détonne. La personne forcément la moins adaptée. Et pourtant le mélange va secouer un peu Philippe, le faire sortir de sa routine et de son fauteuil, au moins de façon imaginaire. Entre le choc et le chic, entre le clash et la complémentarité, l'amitié va naître.

Si le « duo qui ne s'entend pas mais qui va finir par s'entendre à merveille » est un classique de la comédie, les essais des uns et des autres ne sont pas forcément toujours transformés. Souvent lourds et déjà vus. Et pourtant... Éric Toledano et Olivier Nakache prouvent qu'il est encore possible aujourd'hui de réussir une comédie « buddy-movie » avec bonheur. Grâce d'abord, à leur travail impeccable du scénario. Refusant tout pathos, ils créent un duo qui marche dans une histoire classique, mais suffisamment fine pour éviter les clichés. En réalité, la principale raison de cette réussite tient en deux mots : Omar Sy. Oui, oui, le Omar de "Omar et Fred", qu'ils avaient déjà fait tourner. Toledano et Nakache avaient vu bien avant les autres le potentiel d'acteur, la profondeur et la sensibilité de jeu. Ils ont décidé de s'appuyer sur lui pour créer Driss. Et de fait, il fait toute la légèreté du film. Personne d'autre que lui n'aurait pu avoir cette facilité au désamorçage, cette habileté à éviter le pathos, ce rire si franc et communicatif. Face à François Cluzet en clown blanc au sourire amusé, qui parvient - c'est la marque des grands - à tout faire passer d'un simple regard, il ose tout. Et ça marche. Parfaitement. C'est grâce à lui qu'on rit autant face à "Intouchables", grâce à son humour, mis en valeur par un scénario taillé sur mesure, qui n'empêche pas pour autant, et c'est un exploit, de faire passer des sentiments. Parce que cette histoire est vraie, on pouvait craindre un réalisme pathétique, un respect paralysant.

En réalité, le film est crédible et réaliste, certes, mais encore une fois sans pathos.Il se pourrait bien qu'Intouchables soit en fait la comédie de l'année, fine, intelligente et sensible. Un vrai grand bonheur !
Auteur :Fadette Drouard
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