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Invictus : Clint l’invaincu

Clint Eastwood signe un nouveau chef d'œuvre, puissant en émotion et criant de vérités. Encore une preuve de plus que c'est un géant du cinéma, quoi que l'on puisse en dire. Plus d'un demi-siècle au service du cinéma, et depuis 2003 et un certain "Mystic River", Clint Eastwood nous habitue aux chefs d'œuvre ou presque. En 2005, il glorifie Hilary Swank dans "Million Dollar Baby" avant d'offrir "Mémoires de nos pères" et "Lettres d'Iwo Jima", où il prouve que le cinéma de guerre est encore puissant. Mais 2008 est assurément le summum pour sa carrière de réalisateur : au tout début de l'année, il offre à Angelina Jolie un rôle à sa hauteur dans "L'Echange", puis se retrouve acteur et réalisateur dans "Gran Torino".

Il a fallu attendre deux ans pour revoir Clint Eastwood derrière la caméra. Et l'attente est bonne : "Invictus" s'impose dans la lignée des précédents films, entre réalisme et émotion. "Hereafter" sera le prochain rendez-vous… Pour "Invictus", Eastwood n'a pas compliqué son scénario. C'est très simple, à devenir presque too much. Dans l'Afrique du Sud post-Apartheid, Nelson Mandela (Morgan Freeman) veut réunir son peuple, briser les rivalités, oublier le passé. Pour l'union et la fraternité, il trouve dans les Springboks la bonne idée pour créer une union autour de la sélection de rugby, à la veille de la Coupe du Monde. Son capitaine François Pienaar (Matt Damon) devient le symbole blanc du pardon et de l'avenir.

Et pour le coup dans le film, le manichéisme est très peu présent. Au contraire, le film est une véritable ode à la fraternité, au pardon et à l'union pour un futur meilleur. La réalisation est parfaite, le rythme aussi, le spectateur s'immisçant dans le film à travers les personnages. Et même si tout cela paraît trop beau, on ne peut s'éviter les frissons et l'émotion à la fin du film, se disant que pour trois fois rien, Clint Eastwood est vraiment un génie. On ne serait pas étonné s'il pouvait glaner une statuette aux Oscars, récompensant à la fois "Invictus", mais aussi ses deux grandes réalisations de 2008.

Mais le génie est aussi dans ce duo fracassant entre Morgan Freeman (incarnant un Mandela plus vrai que nature) et Matt Damon (le capitaine du renouveau). Les deux permettent au film et à l'action de vivre, arrivant à donner une crédibilité dès le départ pour finir sur la note d'émotion. Pas question de parler prévisibilité (et encore, Eastwood réussit quand même à tenir en haleine par courts moments son spectateur), ici il faut parler réalisme.

"Invictus" n'est pas le premier à traiter de l'Apartheid et de l'avenir de l'Afrique du Sud. En effet, "Cry Freedom" ou encore "Au Nom de la Liberté". Sur Mandela, le chef d'œuvre est assurément "Goodbye Bafana", sur la vie en prison du leader sud-africain, à travers James Grégory, le geôlier blanc. Un film juste et brillant qui met notamment en avant le thème préféré de Nelson Mandela : la réconciliation. Invictus rentre aussi dans cette thématique là, et insère le sport dans son histoire, en montrant que celui-ci pouvait aussi une importance primordiale dans les relations humaines.

Après la boxe dans" Million Dollar Baby", c'est le rugby qui symbolise la fraternité après avoir pourtant été justement un symbole de l'Apartheid (les blancs jouaient au rugby, les noirs au football). Puissant, émouvant et brillant peuvent être assurément les trois mots pour résumer ce film de Clint Eastwood. En évoquant Nelson Mandela et sa course à la fraternité et à la réconciliation à travers la sélection nationale de rugby, Eastwood réussit un nouveau tour de force simple mais efficace.
Auteur :Christopher Ramoné
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