Critiques

Jack Reacher : Never Go Back : Ne jamais revenir… Tout est dans le titre !

On prend les mêmes et on recommence ! Jack Reacher est de retour pour une nouvelle aventure avec Tom Cruise dans le rôle-titre (distribué par Paramount Pictures) et, qu'on se le dise dès le départ, contrairement à "Usual Suspects" (dont Christopher McQuarrie, le réalisateur de "Mission Impossible 5", fut le scénariste), ce n'est définitivement pas un film où le scénario est caressé dans le sens du poil. Scénario brisé, scénario outragé, scénario martyrisé… Et finalement, c'est le spectateur qui est délivré à la fin de ce film épuisant.

Rappelons l'histoire. Jack Reacher est un ancien soldat (américain, comme si c'était utile de le préciser) reconverti dans la police et qui a finalement tout laissé tomber suite à quelques bévues pour une vie de fugitif. Plutôt que d'aller rendre visite à son conseiller de pôle emploi, il se risque à rétablir la justice en usant de moyens peu scrupuleux et bénévolement. Sympa ! Du coup, dans ce deuxième opus de ses aventures, qui n'est pas une suite du premier mais une histoire différente. Il va cette fois-ci s'acharner à sauver une major, incarnée par Cobie Smulders (qui joue Robin Scherbatsky dans How I Met Your Mother), en l'aidant par tous les moyens à prouver son innocence tout en démasquant une sombre histoire de trafic d'armes au sein de l'armée américaine.

Jusque-là, tout va bien. De quoi tenir en haleine tout en proposant un film d'investigation avec un scénario bien ficelé. Mais là où le bât blesse, c'est dans la réalisation dégoulinante de baston et de violence inutile. Ce qui faisait toute la force du premier "Jack Reacher", à savoir un personnage mystérieux, discret, solitaire et imprévisible dans une intrigue digne d'un thriller d'espionnage, est littéralement mis à la poubelle. Les scènes de bagarre sont interminables et surréalistes, notamment l'inévitable baston finale. Tom Cruise massacre le personnage qu'il incarnait jusqu'alors en le calquant sur Ethan Hunt des "Mission Impossible".

Ajoutons à cette hécatombe une intrigue secondaire greffée à l'intrigue principale, probablement dans le but de faire du remplissage. Jack Reacher aurait eu une fille cachée avant son départ pour l'Irak au temps où il était militaire. C'est avec la subtilité d'un rhinocéros que cette histoire vient s'ajouter à la première alors qu'elles n'ont aucun lien entre elles. Elle permet seulement d'avoir des scènes faussement drôles avec « papa Reacher » et sa pseudo gamine adolescente à moitié décérébrée, et évidemment, les violons pour la scène finale.

Notons cependant un gros point positif du film à savoir la présence de rôles féminins avec pas mal de relief. C'est très surprenant, et ce parti-pris de la production d'imposer une héroïne se présentant comme l'égale de Jack Reacher tant sur le plan des biscoteaux que de la prise de décisions fait du bien à voir. On esquisse même un sourire satisfait lorsque le héros se prend une leçon de féminisme dans la figure, ce qui met bien à mal son personnage lourdaud et machiste.

Pour conclure, un bon scénario malheureusement gâché par une intrigue secondaire superfétatoire et par une réalisation qui cherche à plaire à un public ciblé. Un divertissement pour une tranche d'âge jeune et pas trop regardante sur les parti-pris. On notera néanmoins cette tentative d'imposer un rôle féminin de taille pour écorner (mais pas trop) les standards des films d'action actuels. Vivement Jack Reacher : Stay at Home !!! Parce que le message n'était pas bien passé la première fois...

Auteur :Pierre Deplancke
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