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Jane Eyre : Une adaptation passionnante !

De Jane Eyre, nous connaissions bien sûr le roman original de Charlotte Brontë écrit il y a plus d'un siècle et demi, mais également l'adaptation de Robert Stevenson en 1944 avec un certain Orson Welles dans le rôle de l'ombrageux Edward Rochester. Plus de 65 ans après, c'est la star montante et non moins charismatique, Michael Fassbender, qui campe l'aristocrate. La comparaison n'a rien d'anodine, tant Fassbender réussit à donner une envergure plus que captivante à son personnage, comme le maître Welles en son temps. Le bel homme n'est pas la seule attraction de ce "Jane Eyre" version gothique, réalisé par Cary Fukanaga, auteur d'un des ovnis de 2009, le bouleversant "Sin Nombre".

Changement de registre. Fukanaga adapte ici un roman tombé dans le domaine public, où drame et romance s'enlacent dans une relation dangereuse. Bien loin de son thriller réaliste qui suivait des candidats à l'immigration en quête d'une vie meilleure. De cette dernière, nous arrivons à la relecture de Jane Eyre. Passionné d'histoire, Fukunaga apporte sa propre vision du roman et exploite notamment le côté gothique et noire de l'histoire. Les décors vallonnés de l'Angleterre du XIXème lui servent de place à une intrigue qu'il va développer avec intelligence. Il conserve Adriano Goldman (Prix de la meilleure photo à Sundance pour Sin Nombre) à la photographie, ce dernier sublimant les grands espaces et les gammes de couleurs à l'image.
 
A l'image des premières scènes, le duo exploitent le penchant horrifique de la narration d'une part – une femme fuyant quelque chose – et des décors sombres. Cary Fukunaga s'évertue à mettre en avant ces éléments horrifiques, comme par exemple la place de présences spirituelles dans la grande demeure des Rochester. Si bien que l'atmosphère romantique en ressort gagnant, parce que moins imposant.

On se surprend à apprécier les échanges entre un Michael Fassbender dominateur puis dominé et une Mia Wasikowska pleine de promesse. Un face-à-face, qui, au-delà de la simple relation sentimentale, se grime en étude des rapports humains et sociaux. Ainsi, Jane est une jeune femme orpheline à la recherche d'une simple « famille », plus qu'un foyer. Chez les Rochester, elle pense avoir trouvé ce qu'il lui fallait, à l'instar de Madame Fairfax – incarnée par Judi Dench – la maîtresse de maison, mère de substitution. Son danger sera de s'éprendre de cet homme mystérieux.
 
"Jane Eyre" s'avère être une adaptation passionnante, travaillée aussi bien au niveau des coutumes et des décors que du scénario et bien sûr d'un style visuel plus qu'attrayant. On retrouve l'excitation du film en costume dans l'Angleterre victorienne et le meilleur d'une relation amoureuse passionnante. Cary Fukanaga n'a donc en rien sali la beauté du roman originelle de Charlotte Brontë. Il en a pris un élément narratif et visuel pour construire l'identité de son adaptation, tout en racontant son histoire avec une justesse évidente. On se retrouve avec un film romantique noir empreint de sincérité, évitant de tomber dans les longueurs inhérentes à son espace.

Auteur :Christopher Ramoné
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