19 septembre 2020
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John Rambo : La critique

Et voilà, c'est fait... Rambo est de retour. Perdu dans sa jungle thaïlandaise au milieu des serpents, il essaie d'oublier le guerrier qu'il a été. De temps en temps les cauchemars lui rappellent ce qu'il est. Mais il tient à sa vie paisible, comme il le dit si bien « fuck the world ». Mutique, hermétique, il survit. Jusqu'au jour où un groupe d'évangéliste vient lui demander de les aider à passer la frontière vers la Birmanie. Leur but ? Aider les Karen, victimes d'une guerre civile violente.

La guerre, c'est ce que Rambo évite. Pas de chance, il a aussi un petit faible pour les jolies blondes... Et dans le groupe des évangélistes, il y en a justement une. Une jeune femme à la naïveté touchante pour le guerrier. Il accepte. Mais n'est pas franchement étonné quand, 10 jours plus tard, on vient lui annoncer qu'ils ont disparu. N'écoutant que son bon coeur notre Rambo préféré repart dans la jungle birmane récupérer la jolie blonde, et, éventuellement, les autres missionnaires.

On peut dire ce qu'on veut, mais "Rocky Balboa" (sentiment largement partagé par le rédacteur en chef du Quotidien du Cinéma et fan absolu de Sly, Christophe Dordain) était un film globalement réussi. Un baroud d'honneur pour le personnage à qui Stallone devait sa notoriété. Lors de sa promo ce dernier avait avoué ne pas avoir envie de faire ce "John Rambo", mais y être obligé par contrat. Il s'en sort pourtant honorablement !

Côté réalisation d'abord, Stallone a avoué avoir voulu diriger Rambo du point de vue de John Rambo lui-même. Le film est nerveux, silencieux, brutal... L'image alternativement contemplative, magnifiée, et saccadée, sale. Le tout est ultra efficace. Efficacité aussi dans la direction d'acteurs, qui servent leur but, sans plus. Des missionnaires aux mercenaires, tous ont leur caractère, un peu cliché avouons le.

Peu importe, le seul qui nous intéresse, c'est Rambo ! Les mauvaises langues n'ont plus qu'à se taire : Stallone, 60 ans passés, reste Rambo. Muscles dignes de Mister Univers en avant, il est crédible en guerrier à la mitraillette comme au close-combat. Mister Stallone nous offre même quelques moments qui risquent fort de faire s'accrocher à leurs sièges les fans. Et les autres aussi ! Il est non seulement impressionnant, mais en plus il est vraiment bon. Mutique et cynique, on le retrouve tel qu'on l'avait laissé, tant mieux !

Ceci étant dit... Attention aux âmes sensibles. Si "John Rambo" nous plaît, c'est aussi parce que dans le rayon « films de guerre », il se pose là. Il frappe fort, et là où ça fait mal, pour les méchants comme pour le spectateur. Stallone ne voulait pas d'une « version édulcorée, ni d'une « vision héroïque » de cette histoire. Il ne tombe jamais dans ce travers qui aurait fait de "John Rambo" un énième film de guerre. Il montre tout, la sauvagerie, et même, n'ayons pas peur du mot, la boucherie de cette histoire. C'est dur, c'est même éprouvant parfois pour le spectateur, et c'est peut-être ce qui distingue le film d'un lot « film de guerre » inégal. Il est honnête, il est sincère, et il ne cherche pas à être autre chose que ce qu'il est vraiment.

"John Rambo", c'est la mort du guerrier, l'acceptation du personnage, de ce qu'il est vraiment. C'est aussi une boucle bouclée pour Sylvester Stallone, qui peut maintenant passer à autre chose... Peut-être même le repos du guerrier qui serait rentré au pays ?! C'est une possibilité donnée par Sly, tout comme sa possible réalisation d'une biographie d'Egdar Allan Poe... Le guerrier magnifique nous promet encore de belles surprises au cinéma !

Auteure :Fadette Drouard
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