8 décembre 2019
Critiques

Joyeuse Retraite : Ciné’Pad

La critique du film Joyeuse Retraite


Par Victor Van De Kadsye


Ah ! On y est enfin ! Cette période de l'année où les comédies françaises, fabriquées pour la télévision, sortent en abondance sur nos écrans. En attendant la satire de la télé avec Dubosc ou Christian Clavier en parodie de "Rendez-vous en Terre Inconnue", place à quelque chose qui parle à tout le monde actuellement (spoiler alert : non.) : Michèle Laroque et Thierry Lhermitte, en retraités bourgeois, qui en ont marre de leurs petits-enfants. Le tout pour un téléfilm tellement "Gulli" qu'il ferait passer "En Famille" pour du Terrence Malick. "Joyeuse Retraite" donc ? Pas si sûr...

On ne va pas se mentir. On n'attendait pas de ce film un chef d'oeuvre. Mais, voilà, notre curiosité malsaine nous pousse à voir tout ce qui sort dans la comédie française télévisuelle destinée au cinéma. Et, dès le premier plan du film, c'est l'affront au bon goût numérique. Au générique, c'est une Michèle Laroque numérisée qui déambule au ralenti, d'un bout à l'autre de l'écran, sur son fauteuil roulant. Déjà, là, on sait que ça va être compliqué. Le réalisateur semble tout droit issu de la Jean-Michel Poiré School. Gros plans hideux sur les visages des personnages donnant l'impression qu'ils louchent, jusqu'à une Nicole Ferroni liquéfiée numériquement comme si elle avait traversé les "Couloirs du Temps". Un véritable supplice pour les yeux. Et pour le fond ? L'écriture ?

photo-joyeuse-retraite

Thierry Lhermitte - Copyright SND
Tout est bon pour susciter les rires gras de la salle.

On pourrait donc excuser le côté "téléfilm Gulli", qui relève peut-être de la simple "potacherie" comme on a pu le voir dans le médiocre mais sympathique "Beaux-Parents" en juin dernier. Malheureusement, rien ne nous permet de nous attacher aux personnages. Blagues racistes sur les Portugais, personnages destinés à être des souffre-douleurs ou uniquement sur les nerfs, clichés ridicules sur une personne qui se révèle être gay... Tout est bon pour susciter les rires gras de la salle. Même une scène improbable d'un chien maintenant un sex-toy vibrant qui hurle la chanson "Pour le plaisir" ne nous est pas épargné. Tout un programme, n'est-ce pas ?

C'est donc un cauchemar hideux pour les yeux et les oreilles qui nous est imposé. Voilà une anomalie crasse dans la comédie française qui ne mérite pas mieux qu'une première partie de soirée à la télévision et encore...



Tous nos contenus sur "Joyeuse retraite !" Toutes les critiques de "Victor Van De Kadsye"

ça peut vous interesser

J’ai perdu mon corps : Et mon temps…

Rédaction

Adults in the room : La critique du film

Rédaction

Le Roi : Chalamet, impérial

Rédaction