Critiques

Judy : La critique du film

Par Léa Delaplace


« Elle parle de l’espoir et on en a tous besoin ». Elle, c’est "Judy". Judy Garland de son nom de scène. Une femme, une chanteuse révérée mais avant tout une mère de famille. Le biopic homonyme, réalisé par Rupert Goold, emmène le spectateur dans les tourments d’une star qui avait tout et pourtant si peu.

Celle qui n’est « Judy qu’une fois par soir » mène une vie nomade entre les États-Unis, son pays, et le Royaume-Uni, là où le public lui porte une admiration parfois démesurée. Un unique esprit semble animer la chanteuse quadragénaire : celui d’une mère souhaitant offrir à ses enfants un quotidien stable. La tendresse se fait ressentir par des scènes candides dans lesquelles le spectateur est emmené avec émotions… Avant de vivre un revers en basculant dans la déception familiale entre distance, divorce et espérances.

Dans ses bons jours, Judy rayonne sur la scène du théâtre londonien dans lequel elle exhibe son art vocal, tantôt seule sur scène, tantôt entourée de danseuses plumées. Dans les mauvais, la chanteuse tangue, se moque de son public et s’effondre sur scène. L’alcool et des pilules ont raison d’elle… et masquent une souffrance ancrée et destructrice.

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Renée Zellweger - Copyright 2019 eOne Germany

Son présent sur scène est entrecoupé d’ellipses dans son adolescence. Les débuts de la jeune à « la voix qui pourrait l’emmener jusqu’à Oz », un des rôles que la chanteuse endossera en tant que jeune actrice, représentent aussi ses premiers amour et désillusion de jeunesse.

« Une soupe et une vodka » comme repas, Judy fatigue et enfile chaque soir une tenue colorée, ou pailletée. Les réactions de l’entourage sont vives et variées mais la laissent dans une immense solitude.

Dans le périple psychologique de la fin de sa vie, Judy rencontre la déroute malgré un talent international. Loin de l’image, Mademoiselle Garland a montré ses véritables états d’âmes à son public, et cela se révèle à double tranchant. Un surmenage surmonté des obligations à tenir : celles d’une personnalité publique enchaînant les spectacles en en oubliant qu’elle reste, avant tout, une femme.

Le film repose sur la prestation de Renée Zellweger, Golden Globe et Oscarisée pour ce rôle. Loin des kilos de Bridget Jones, l’actrice américaine retranscrit avec brio les errements intérieurs de Judy Garland, ses rires autant que ses profonds désarrois. Renée Zellweger brille à l’écran et Judy Garland brille sur scène. Un duo gagnant à découvrir en salle.

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