28 octobre 2021
Critiques

Julie (en 12 chapitres) : Roman moderne

Par Louis-Antoine Jonathan


Joachim Trier clôt sa trilogie sur Oslo avec ce film "Julie (en 12 chapitres)". Un long-métrage en forme d’initiation pour une trentenaire d’aujourd’hui. En l'occurrence, la révélation Renate Reinsve.

Avec "Nouvelle Donne" (2006) puis "Oslo, 31 août" (2011), Joachim Trier avait fait d’Oslo un personnage à part entière de ses histoires. Ces dernières mettaient en scène une certaine idée de la société moderne norvégienne. Cela se retrouvait dans les thèmes de l’amitié et du succès dans le premier film. Dans ceux de l’addiction et de la fatalité dans le second. Le dernier tome de sa trilogie réussit à résonner brillamment avec notre époque et nos questionnements contemporains.

De la difficulté de la vie
La Julie du titre est interprétée par l’excellente Renate Reinsve. Sa prestation solaire lui a valu un Prix d'interprétation mérité au dernier Festival de Cannes. Le naturel de son jeu, mais aussi de son personnage, permet de se sentir très proche de ses états d’âme, de son indécision sur sa vie professionnelle et sentimentale. Autant d'aspects que nous brosse le réalisateur au cours des différents chapitres. Ces derniers ne sont pas égaux dans leur longueur ou leur contenu. Toutefois, c’est ce qui donne sa force à son récit. La vie n’est pas un long fleuve tranquille, alors que la trentaine amène son nouveau lot de doutes et de responsabilités.

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Anders Danielsen Lie et Renate Reinsve - Copyright Oslo Pictures

Joachim Trier touche, à travers son héroïne et ses pérégrinations, à des préoccupations qui nous sont proches. Il arrive à parler de sujets forts de notre actualité. Tel est, par exemple, le cas avec le mouvement féministe Me Too. Ce dernier trouve place dans un récit résolument moderne, en phase avec une jeunesse indécise et se retrouvant démunie face à la pression sociale. Julie ne peut s’empêcher d’être animée par des envies de vie et de liberté, à la fois dans ses choix de carrière ou amoureux, face aux très bons et justes Herbert Nordrum et Anders Danielsen Lie.

Fidélité avant tout
La question de la fidélité se retrouve devant, mais aussi derrière la caméra. Devant la caméra avec Renate Reinsve, tiraillée entre différentes voies qui s'offrent à elle. Derrière avec des retrouvailles avec Anders Danielsen Lie, l'acteur principal de "Nouvelle Donne" et de "Oslo, 31 août". Pour Julie (en 12 chapitres), Joachim Trier s'entoure aussi de Eskil Vogt au scénario. Il aura collaboré sur toutes ses précédentes réalisations. Il bénéficie par ailleurs du concours de Ola Fløttum à la musique. Une compositrice qui avait œuvré sur les deux films précédents de la trilogie.

Avec "Julie (en 12 chapitres)", Joachim Trier a fait des infidélités à la capitale norvégienne, comme ce fut le cas dans le brillant "Back Home" (2015), incursion internationale avec Isabelle Huppert et Gabriel Byrne. Mais, à domicile ou à l'extérieur, le cinéma de Trier peut continuer longtemps à nous bouleverser.

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