22 janvier 2020
Critiques

Jumanji next level : Un DLC assez sympathique

Par David Marmignon

On y croyait absolument pas, et pourtant la voici : la suite du reboot de "Jumanji", auréolé de son succès surprise en 2017 et qui veut réussir le même hold-up : engranger le plus d’entrées face au dernier épisode de Star Wars, et rameuter dans les salles les allergiques aux sabres lasers.

Encore une fois on troque le jeu de plateau contre le jeu vidéo, Robin Williams contre The Rock et le film est à l’image de son casting : pas de finesse, mais de l’efficacité. "Jumanji Next Level" ressemble ainsi à un DLC : un contenu téléchargeable à bas prix, qui est proposé à la fin d’un jeu vidéo pour rajouter quelques missions de plus, sans grande conviction ni grand soin, afin de capitaliser au max sur une licence avant la sortie du prochain numéro.

Ce deuxième opus surfe donc sur le succès du premier en faisant peu ou prou la même chose, en poussant le concept de la dualité personnalité/avatar à son paroxysme avec l’arrivée de Danny deVito et Danny Glover, qui s’amusent comme des fous dans cet univers, et qui permettent de voir le potentiel comique énorme de Dwayne Johnson, qui s’éclate à rejouer le DeVito sénile, grabataire et râleur. On échange les blagues sur les femmes et les geeks contre des blagues sur les vieux, et le tout se dilue dans une intrigue prétexte façon niveaux de jeu vidéo.

photo-jumanji-next-level
Dwayne Johnson, Jack Black, Karen Gillan, Kevin Hart - Copyright Sony Pictures Entertainment Deutschland GmbH
C’est efficace mais c’est assez moche, tout suinte le fond vert et l’exécution rapide, mais on y passe un assez bon moment. Le film parfait pour cette période de fêtes, à regarder un dimanche soir en famille, plaid sur les genoux et chocolat chaud (ou lait de poule bien corsé) à portée de main.

Le film est en somme bien représentatif de son époque : étant incapable de fournir un divertissement premier degré, il se réfugie dans les blagues méta et déconstructives pour jouer de la connivence avec le spectateur et ne pas s’embarrasser avec les finitions de son produit.

Contrairement au premier "Jumanji", qui, avec son ôde à l’aventure et à l’imaginaire, le regard plein de tendresse et de tristesse contenue de Robin Williams, constitue toujours quasi 25 ans après, un pinacle du spectacle familial. On a l’époque qu’on mérite.


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