16 octobre 2021
Critiques

Jupiter : Le destin de l’Univers : Décevant

Servez-moi donc le duo familial Wachowski dont je suis fan (non pas pour la trilogie "Matrix" comme une majorité de la population, mais pour les mal aimés/mal connus "Bound" et "Cloud Atlas") avec, au casting, mes petits fantasmes sur pattes que sont Mila kunis et Channing Tatum. Saupoudrez le tout avec un peu de science-fiction, des effets spéciaux derniers cris et un scénario béton. En théorie, vous avez là de quoi faire de moi la plus heureuse des femmes avec "Jupiter : Le destin de l'univers" (distribué par Warner Bros. France). Oui, en théorie seulement. La pratique rend les choses tout autre, faisant d'un projet prometteur sur papier à décevant dans la pratique.

Premiers instants et déjà le bas blesse. Quand j'aperçois le design du personnage interprété par Eddie Redmayne, mon cœur fait un bond hors du siège. Ridicule, il n'y a pas d'autre terme. Supposé faire plus vieux tout en gardant ses traits d'origine, ce choix malencontreux n'est pas sans rappeler celui de Guy Pearce équipé de peu ragoutantes prothèses dans "Prometheus". Une erreur esthétique qui, à titre totalement personnel, se répétera tout au long du film. Que ce soit les veilleurs au crane pointu d'aliens, les dragons gardes du corps ou autres asiatiques aux cheveux bleus, définitivement, le design des personnages est d'un ringard qui laisse sans voix. Que dire de ce pauvre Channing Tatum, officiellement l'hybride suprême entre l'homme et le loup ? Officieusement juste Channing Tatum avec les oreilles de Spock de "Star Trek" sur la tête. Des fautes de goût esthétiques qui jurent avec le design des héros de blockbusters de l'époque, mais qui, bien heureusement, ne contaminent pas le décor. Les palais, d'inspirations gréco-romaines, ne brillent pas par leur originalité il est vrai. Il n'empêche qu'ils sont d'une somptueuse élégance (la 3D y ajoutant là un sacré coup de pouce).

Si j'ai plus tôt évoqué le look de Chaning Tatum, on ne peut que constater le manque de profondeur de son personnage. Avec "Foxcatcher", l'acteur avait pourtant su montrer qu'il était autre chose qu'un (joli) tas de muscle. Sentiment consolidé par sa relation avec sa partenaire d'écran Mila Kunis. Cette dernière, un peu à la manière de Mary-Jane dans la première trilogie "Spiderman", ne semble avoir qu'un seul objectif dans la vie : chuter (malencontreusement) dans le vide pour se faire secourir. Si bien qu'au bout du second sauvetage de son tendre héros on a déjà arrêté de compter (sans même être arrivé au milieu de film). Un personnage féminin hésitant, tantôt faible et niais, tantôt  lucide et« badass », la concurrence de "Lucy" et de "Hunger Games" obligent. Et pourtant, la sauce ne prend pas. Non pas à cause du jeu de l'actrice, qui, on le sent, croit sincèrement au projet. Juste à cause de l'écriture du personnage, bien trop instable et cliché. Cliché étant définitivement le terme pour définir la romance des deux principaux protagonistes. Cet amour interdit entre une majestueuse reine et son « subordonné » n'est rien d'autre qu'une adaptation interstellaire de "Bodyguard" qui donnera des boutons à plus d'une féministe dans la salle.

Heureusement, tout n'est pas à jeter dans ce "Jupiter : Le destin de l'univers". Les scènes d'actions, quoi qu'un peu longues, sont épiques à souhait. Les étapes du schéma narratif traditionnel sont suivies à la lettre. Pas de twist final bouleversant toute la hiérarchie ici, ce qui rend les deux heures du long-métrage agréablement comestibles pour toute la famille. La thématique, prônant que notre belle planète terre n'est qu'un petit organise parmi une infinité, est très intéressante. Sous-développé ? Pas particulièrement dans ce contexte de gros film d'action destiné au large public. De la part d'un film politique ou documentaire on aurait eu le droit d'être déçu. Or ici on en redemande. Enfin, il est toujours bon de préciser qu'un léger humour est présent du début à la fin du film. un comique de situation que l'on doit le plus souvent à la famille de Jupiter dont l'accent russe coupé au couteau fait toujours son petit effet.  "Jupiter : Le destin de l'univers" n'est donc pas un mauvais film, bien au contraire. Nul ne peut douter que les chiffres récompenseront le travail de ses créateurs. On ne peut néanmoins cacher sa déception quand on connait toutes les potentialités du projet. En espérant que la suite (s'il y a) corrigera le tir pour remettre "Jupiter" dans la bonne orbite.

Auteure :Mélissa ChevreuilTous nos contenus sur "Jupiter : Le destin de l'Univers" Toutes les critiques de "Mélissa Chevreuil"

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