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Kill Bill: Volume 1 de Quentin Tarantino : La critique

"Kill Bill", le quatrième film de Quentin Tarantino devait sortir au mois d'octobre. La sortie a été retardée, le film coupé, et voici le volume 1 sur nos écrans. Cela a de quoi intriguer les fans du réalisateur. Tient-il vraiment à nous faire languir ? C'est certain.

L'intrigue est simple, celle d'une vengeance. Quoi de plus banal ? On a d'ailleurs vu, notamment avec "Desperado (1 & 2)" que ce sujet ne tenait pas toujours la route. Mais là, il s'agit de Tarantino et c'est avec des mains de maître, un talent déjà bien établi, qu'il s'aventure dans cette entreprise. Pour jouer le mercenaire, il a choisit une femme superbe : Uma Thurman qu'il avait déjà dirigé dans "Pulp Fiction".

Comme toujours Tarantino sait s'entourer. Dès le départ, beaucoup de points positifs nous font trépigner d'impatience. Le film va de surprises en surprises. Tout l'art du réalisateur est là. La construction scénique est tout simplement parfaite.

La temporalité n'est jamais linéaire, elle ne pouvait en aucun cas être banale. Tarantino joue avec les retours en arrière, les sauts dans le temps, les va et vient entre le présent et le passé, les causes et les conséquences.

L'histoire est racontée dans un désordre désorganisé. Cette narration discontinue a l'avantage de relancer sans cesse la dynamique du film et ne laisse aucun temps de répit aux spectateurs. La mouvance est rapide, les enchaînements intelligemment orchestrés, l'énergie impressionnante. Tout cela sans compter une bande originale vraiment accrocheuse, voire totalement extravagante, ce qui accentue la cadence du film.

On se croirait parfois dans un épisode de "Charlie's Angel" (en mieux bien entendu) qui aurait mal tourné. Là, ce ne sont pas des anges ! On s'approche parfois de la série B sans jamais tombé dans la moquerie. Tout dans ce film est référence, clin d'œil aux grands genres du cinéma.

Les gangsters noirs meurent en traître, les mafieux chinois succombent au sabre de mademoiselle Black Mamba. C‘est du grand art ! La caméra se métamorphose, les plans s'adaptent aux situations choisies. Rien n'est laissé au hasard, tout est travaillé au millimètre près.

"Kill Bill" est un hommage aux traditions cinématographiques de chaque pays. Tarantino n'hésite pas à introduire un chapitre raconté sous forme de manga pour pénétrer dans l'univers nippon. Suivre la revanche de cette héroïne, motivée par la haine, la colère d'avoir été trahi par son groupe, est un pur régal.

Ses faiblesses deviennent des points forts. Elle se fait attachante et son but devient le notre. Car si l'on se doute bien que "Le volume 1" n'est qu'un avant goût, une bataille avant la guerre, chaque scène de combat réussit à nous inquiéter. On doute de la réussite de Black Mamba, tout en la souhaitant.

Un film plein d'humour aussi, où le plus important n'est pas toujours la vengeance mais aussi de « bouger son gros doigt de pied » après quatre ans de coma. Un film où les femmes sont à la fois puissantes et fragiles, belles et dangereuses.

"Kill Bill" reste tout de même interdit aux plus jeunes. Il est vrai que le sang gicle dans les coins. Le gore des tueries n'est pas pour autant écœurant. Les mutilations appartiennent à la logique de la vengeance.

Tarantino semble revenir à ses débuts dans ce quatrième film plus proche de "Reservoir Dog" que de" Pulp Fiction". Alors pas question de le rater !

Auteure :Clémentine Guilbaud

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