Archives Critiques

Kill Bill: Volume 1 : La critique du film

On l'attendait, le voila enfin "Kill Bill : Volume 1". Bien-sur, il en fallait du temps...

Tarantino ne voyait que sa seule et unique muse de "Pulp Fiction", sa "Marlene Dietrich". Après accouchement, remise en forme physique et entrainement intensif (ah ! Le professionnalisme américain), Quentin Tarantino et Uma Thurman sont enfin prêts pour la parade. Et quel spectacle !

Après un faux générique façon années 70, et un début de film qui tranche dans le vif du sujet, l'adrénaline retombe un peu et Tarantino pose, une à une, les pièces de l'échiquier. Toutefois, une fois le moment venu, on a le droit a un chaos totalement maîtrisé ! Un assaut épique !

Rendant hommage aux films de karaté des 1970, avec Gato et les "Deadly Eighty", ainsi quà Sonny Chiba, le concurrent de Bruce Lee à l'époque (et pas seulement à eux mais ne gâchons pas le plaisir du spectateur), Tarantino nous orchestre une farandole de cascades ininterrompues baignant dans le sang comme dans toute bonne série B qui se doit.

Le modèle de "Kill Bill" est donc époustouflant, tant par la mise en scène du maestro, que par l'interprétation, et tout le reste. Car, il faut le souligner, les décors sont parfaitement somptueux, la lumière est délicieuse et propice au massacre.

Quant à Uma Thurman ! Elle impressionne par sa beauté et s'unit harmonieusement avec son sabre : elle est le sabre. On prend vraiment plaisir à suivre sa chevelure dorée virevolter d'un décor a l'autre. Bref, une jolie jeune femme vêtue de jaune, dont le sabre fatal n'a d'égal que sa beauté. 

Lucy Liu, toujours pétillante et étincelante dans un rôle "tranchant", s'oppose à la mariée ("The Bride", dont Tarantino garde l'anonymat avec des bips quand son nom est prononcé) en tant que l'une des membres de la "Deadly Viper Assassination Squad". Bienvenue dans le monde de Tarantino ! Et vous l'aurez compris, il va falloir attendre un peu pour voir Carradine et surtout Michael Madsen en action.

Tarantino, lui, s'en donne à coeur joie avec sa Dietrich. Il la filme en couleur, en noir et blanc, tout en mixant les genres : on passe du docu-réalite au format conventionnel pour passer par un manga, puis revenir dans le cadre précédent !

Bref, Tarantino possède toute une panoplie de genres et n'hésite pas en abuser, aussi bien en termes de format que d'effets spéciaux (ralentis, accélérés, arrêts sur image). Des effets qui, d'ailleurs, sont autant de clins d'oeils à des films que nous avons déjà vus. En sa qualité de narrateur, le réalisateur nomme toujours ses chapitres mais ne fait plus de "destructuralisation". Il se cantonne donc au format non chronologique traditionnel.

Chapeau bas à Tarantino, dont la maitrise reste indiscutable. Il faut savoir qu'il n'y a eu aucune seconde ou troisième équipe de réalisation sur "Kill Bill". Quentin a tout fait. Vraiment tout fait. Mais, là, où "Kill Bill" frappe fort, et bien cela fait mal. Horriblement mal. Car il ne s'agit plus d'un produit fini dont on parle désormais, mais d'un film amputé. Il s'agit d'un demi-film, d'une moitié.

Néanmoins, on nous offre donc une première partie non-négligeable. Un bon morceau à se mettre sous la dent, en attendant la suite. Alors, on se dit que Tarantino a fait vraiment fort, pour arriver à nous mettre sur "pause" et nous faire dire que cela tient la route sans suite ni fin.

Evidemment, le spectateur avide d'émotions que je suis, sort de la salle horriblement frustré. Toutefois, ne sommes-nous pas habitués à cette frustration désormais avec "Matrix", "Le Seigneur des Anneaux" et autres "Star Wars" ?

Devons-nous redouter le même résultat inégal ? Ce qui est sur, c'est que Quentin Tarantino nous offre un volume un qui est incontestablement un bel objet d'art contemporain, un très joli objet. C'est pourquoi "Kill Bill" pose encore plus sérieusement la question de la durée d'un film...

Et si une heure et demie serait définitivement une durée trop courte pour un film ? Le prix du billet augmenterait- il alors et encore ? Et surtout, vaut-il mieux faire un film en entier ou le couper en "jolis" morceaux ?

Auteur :Houmann Reissi

Tous nos contenus sur "Kill Bill: Volume 1" Toutes les critiques de "Houmann Reissi"

ça peut vous interesser

Henry Darrow

Rédaction

Once Upon a Time… in Hollywood : La critique du film

Rédaction

Retour sur la filmographie de Quentin Tarantino

Rédaction