16 juillet 2019
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Kill Bill: Volume 2 de Quentin Tarantino : La critique

Le premier était une claque dans la gueule. Au deuxième épisode, le spectateur devra tendre la joue sans hésiter. En effet, Kill Bill Volumes 1 et 2 sont radicalement différents dans leur facon de raconter et de continuer la même histoire.

De l'hommage au kung-fu- karaté du cinéma asiatique, Tarantino passe à une réalisation plus élaborée, plus posée. Tarantino prend son temps, saisit dans le regard de ses personnages de formidables préludes à la sauvagerie (on pense souvent à Sergio Leone), des non-dits cinématographiques qu'il fait exploser à l'écran la seconde d'après.

Malheureusement pour les fans du premier opus, ces fameux moments sont beaucoup plus rares désormais, et il faut patiemment attendre que la tension culmine au point de non-retour pour assister au feu d'artifice. C'est donc avec grand plaisir que l'on retrouve "La mariée" (The Bride), désormais poussée aux fins fonds de ses retranchements : malmenée, tranchée, séquestrée, explosée... Et tout cela pour tuer Bill.

Cependant, beaucoup n'apprécieront pas ce passage du statut d'invulnérabilité (ou presque) à celui de victime, souffre-douleur, véritable sac à patates que tout le beau monde se trimballe. Une réaction parfaitement compréhensible pour qui voulait voir Thurman descendre implacablement le long de sa liste d'exécution tel un bulldozer, vêtue de cuir jaune et noir.

Michael Madsen, que beaucoup attendaient de pied ferme après une carrière couronnée de séries Z à tout va, épate singulièrement dans un rôle mystérieux et profond (rien a voir avec sa piètre interprétation dans Bluberry) et se présente en tant que pierre angulaire du film.

Par beaucoup d'aspects, il est l'élément qui permettra une unité à l'affaire Kill Bill. Donc, chapeau Monsieur Madsen (et espérons-le, ce rôle le sortira des marécages boueux dans lesquels il s'est enlisé...).

Les dialogues, pierres de fonte du cinéma Tarantinien, sont en reste pour une fois : David Carradine brasse du vide dans son speech sur les comic books américains. Tarantino les aurait-il gâchés volontairement afin de mettre en valeur l'interaction et la pure dynamique entre ses protagonistes ? Cela ne serait pas étonnant de la part de quelqu'un qui a toujours su manipuler les codes cinématographiques à son avantage.

Mis a part les qualités indéniables d'un bon film, on serait donc tenté de prendre Kill Bill 1 et "Kill Bill 2" séparément. Cela est tout à fait possible, d'autant plus que toute l'intrigue du premier est résumée pour quiconque aurait raté les séances de rattrapage.

Toutefois, les deux morceaux sont indissociables, se faisant écho aux gré des diverses scènes. Le cinéma de Tarantino devient ici un ping-pong cinématographique : le spectateur ingurgite, mâche, puis compare.

Alors, Kill Bill 1 ou "Kill Bill 2" ? Kill Bill, tout simplement. Une idée serait de faire voler en éclats l'ordre des épisodes grâce au chapitrage qu'effectue Tarantino pour la plupart de ses films.

Le jeu en serait encore plus déroutant, certes, mais tellement amusant. Pour l'instant, contentons nous d'un Tarantino honnête, sanglant et toujours autant jubilatoire.

Auteur :Houmann Reissi

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