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Kirikou et les bêtes sauvages : La critique

C'est tout de même étrange de voir sortir, le même mercredi, deux dessins animés, "Kirikou et les bêtes sauvages" et "Chicken Little", comme si ces deux films n'étaient en fin de compte pas en concurrence. Sur ce point, effectivement le genre film animé est sans doute leur seul point commun. Là où le Disney surfe sur un certain nombre d'ingrédients, certes efficaces mais peut-être un peu trop récurrents dans l'animation 3D, "Kirikou et les bêtes sauvages" se place à l'opposé en matière de rythme, de scénario, d'ambiance et finalement, plus généralement, en matière d'animation.

Sept années se sont écoulées depuis "Kirikou et la sorcière" et pourtant, nous retrouvons tout comme nous l'avions laissé. Kirikou est toujours aussi petit, débrouillard et rusé. La sorcière est toujours aussi méchante et effrayante. Certains pourraient reprocher au film de ne pas avoir beaucoup évolué, mais c'était bien cette simplicité qui nous avait tant émerveillé et enchanté la première fois. Cette fois-ci, à travers quatre courtes histoires, Kirikou se retrouve confronté à une hyène cruelle, va permettre à son village de se reconvertir dans la fabrication d'objets en argile, va traverser les contrées d'Afrique perché sur la tête d'une girafe et enfin, va affronter à nouveau la terrible sorcière Karaba pour sauver les femmes de son village. Bref, tout un programme...

Ce morcellement du film est sans doute un des seuls reproches que nous pourrions adresser au film puisque, celui-ci étant plus une succession de quatre courts-métrages qu'un seul et unique long métrage, les histoires et les personnages sont moins approfondis. Contrairement au premier film, Ocelot explore moins la personnalité de Kirikou ou de Karaba et ceux-ci perdent donc un peu en profondeur, ils n'ont pas connu d'évolution entre les deux films.

Cependant, ce qui nous avait principalement séduit il y a sept ans, à savoir la retranscription de l'ambiance africaine, est une nouvelle fois magnifiquement représentée. En contrepoint de l'animation moderne dans laquelle tout va de plus en plus vite (il suffit de comparer la ballade quasi-contemplative que pouvait être « Bambi » il y a 60 ans, au rythme frénétique du récent "Âge de Glace" ou bien même de "Chicken Little" pour s'en rendre compte), Ocelot prend son temps, nous transporte tout autant au cœur de son film qu'au cœur de l'Afrique de son enfance (il a grandit en Guinée).

Au niveau de l'animation, tout est également resté inchangé. Le parti pris de simplicité de l'animation qui était particulièrement osé dans le premier, devient ici une marque de fabrique indispensable, un signe de reconnaissance qu'il fait plaisir de retrouver. Et les enfants me demanderez-vous ? Si en adhérant au premier "Kirikou", la plupart avaient fait preuve d'une surprenante et réjouissante ouverture d'esprit dans ce genre cinématographique de l'animation particulièrement stéréotypé, faisons le pari, sans prendre de grands risques, que "Kirikou et les bêtes sauvages" les enchantera à nouveau.

De 2 à 99 ans, "Kirikou et les bêtes sauvages" est l'un des exemples les plus parfait d'un cinéma qui s'adresse à tout le monde. Il suffit d'y réfléchir juste un peu pour se rendre compte que ce n'est pas très fréquent.

Auteur :Loic Gourlet
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