Critiques

Knight of Cups : La coupe est pleine !

Du jamais vu. Dans la salle de cinéma, les spectateurs fuient leurs sièges comme la peste un par un. Si certains serrent courageusement les dents une bonne heure durant, d'autres ne résistent guère plus d'une quart d'heure. Au contraire, ceux restés jusqu'au bout ont encore des restes de paillettes plein les mirettes. Et clament avoir vécu une expérience multi-sensorielle inouïe, qui clôture une trilogie aussi expérimentale que farfelue. Une fois de plus, le poète et prophète Terrence Malick divise. Votre fidèle servante a choisi son camp et vous explique pourquoi.

La palme d'or reçue grâce à "Tree Of Life" est certainement montée à la tête du réalisateur de 71 ans. Alors certes. "Knight of Cups" est un enchaînement d'images artistiques et bien léchées. La caméra suit Rick, auteur de scénarios reconnu, « womanizer » assumé. Entre amourettes sans conviction et vieux flashbacks, les plans suivent et se ressemblent. Pour sûr, le tout est monstrueusement agréable à regarder. Mais il serait grand temps que Terrence Malick comprenne qu'un film est une œuvre à part entière et certainement pas l'extension infinie d'un simple clip-show de 3 minutes 50. C'est tout bonnement simple : on n'avait pas vu aussi mauvais dans le genre depuis Informers ou The Canyons tous les deux écrits par Bret Easton Ellis. Pour volontairement ne pas citer le dernier film de l'ami Malick, "A La Merveille".

A force de se reposer sur ses acquis, le réalisateur s'auto-caricature sans même s'en apercevoir. Et ne nous épargne donc aucun cliché. Il faut dire que personne ne sublime et maltraite autant les femmes que lui. Cate Blanchett ou Natalie Portman, au fond quelle différence ? Les deux actrices au talent indéniable n'ont chacune que dix minutes d'apparition. Apparition qui frôle impertinemment avec leurs spots publicitaires respectifs pour Armani et Dior. Une impression qui se ressent tout au long du long-métrage notamment à cause de la mauvaise utilisation de la voix off. Sì ai sogni, sì alla libertà, sì alla vita, sì al silenzio. Et merde, on avait même pas remarqué qu'on avait dépassé le temps des réclamations.

Vaut mieux ne pas compter sur Christian Bale pour sauver le tout. Sa désormais célèbre poker face ne fait que contribuer à la superficialité du produit. Car, au fond, c'est bien de ça dont il s'agit. Une jolie vitrine totalement vide de tout intérêt. C'est en effet indéniable : certains plans demeurent d'une beauté explosive, d'une photographie hypnotique. Mais l'effet s'estompe bien vite quand cette magie « Malickienne » recommence. Encore, encore et encore… Jusqu'au générique, beaucoup plus sobre cette fois-ci. Un soulagement inattendu.

A mi-chemin entre la pub pour parfum de fin d'année et le clip musical, Terrence Malick se lance et se perd dans un plaisir purement hédoniste. "Knight of Cups" n'est rien d'autre qu'une pseudo œuvre d'art prétentieuse et pédante au possible. Même Xavier Dolan n'avait (encore) osé nous servir pareille supercherie.

Auteure :Mélissa Chevreuil
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