23 septembre 2019
Archives Critiques

L’Américain : La critique du film

C'est la saison des navets, et apparemment cette année la récolte sera excellente notamment avec "L'Américain", et cela pour le plus grand bonheur des producteurs, avides de rentabilité et se souciant peu de la qualité ! Car un bon navet digne de ce nom, ça pousse tout seul dès lors qu'on lui donne un peu d'engrais à l'oseille ! A ce titre, il faut bien reconnaître que "L'Américain" est un bon navet pur jus planté à la mode de chez nous !

Mais, me direz-vous, qu'est-ce qui permet d'affirmer que "L'Américain" appartient à cette catégorie de légumes que nous, cinéphiles, avons bien du mal à avaler ? C'est très simple. Il y a des signes qui ne trompent pas :

- Pendant une heure et demie, vous cherchez, à intervalle régulier, à trouver l'inclinaison parfaite de votre poignet en fonction de la luminosité de la salle pour pouvoir regarder l'heure sur le cadran de votre montre. Et vous soupirez (d'ennui) en constatant que le temps s'écoule à vitesse escargot.

- Vous retrouvez un vieux réflexe : votre main tâtonne fébrilement le long de l'accoudoir de votre fauteuil à la recherche de la télécommande… jusqu'au moment où vous vous rappelez qu'au cinéma, il n'y a hélas pas moyen de zapper. Entre nous, "L'Américain" a au moins le mérite de démontrer l'avantage de la télévision sur le cinéma : quand la médiocrité culmine, on peut zapper et ne pas subir « l'étalage de la connerie » dans toute sa splendeur.

- Vous vous amusez à chercher mentalement toutes les expressions synonymes de « navet » que vous connaissez : bouse, daube, nanar, nullité, etc. Et vous êtes surpris de constater que les mots viennent tout seuls !

- Vous regrettez de ne pas avoir un bâillon pour faire taire Lorant Deutsch qui est littéralement saoulant. D'ailleurs, si ce sous-acteur voulait vraiment devenir américain, on irait même jusqu'à lui payer son visa pour qu'il reste définitivement sur le sol hollywoodien. Que l'on n'ait plus à subir sa présence importune dans le cinéma français.

- Scénario inexistant, histoire grotesque, acteurs tête-à-claque, personnages tous plus ridicules les uns que les autres. Style portant aux nues « la beaufitude », lourdeurs à gogo, gags bien gras dignes d'un enfant de 4 ans, etc. Aucun ingrédient ne manque pour obtenir un navet absolu !

- Vous passez en revue tout ce que vous auriez pu vous payer avec les 7 euros que vous venez de débourser pour voir ce concentré de médiocrité.

- C'est la première fois que vous priez, que vous suppliez Dieu (s'il existe !) d'arrêter cette comédie lourdingue, symptomatique du hard-discount cinéma qui se propage tel du chiendent en période estivale.

Vous voyez, le doute n'est pas permis : en allant voir "L'Américain", vous êtes certain d'ingurgiter un big navet, réalisé par un Patrick Timsit, qui prêche en faveur d'un mode de culture en voie de développement : la crétinisation à outrance qui permet une acculturation sans limite !

Mais si je peux me permettre un bon conseil pour conclure : évitez de vous jeter goulûment sur tous les navets qui passent. A force, cela rend chèvre !

Auteure :Nathalie Debavelaere

Tous nos contenus sur "L'Américain" Toutes les critiques de "Nathalie Debavelaere"

ça peut vous interesser

J’irai où tu iras : Un retour fulgurant

Rédaction

Donne-moi des ailes : Venez voler avec les oies !

Rédaction

Inséparables : La critique du film

Rédaction