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L’Auberge Espagnole : Une comédie dont il ne faut pas perdre une miette !

"L'Auberge Espagnole", c'est un peu comme « la première gorgée de bière » de Philippe Delerm : un vrai bonheur, un bonheur tout simple sans ces effets spéciaux (si à la mode ces derniers temps) qui atrophient l'âme d'un film. C'est une comédie d'une essence rare car remplie de ces petits riens qui font toute la richesse de la vie.

"L'Auberge Espagnole", c'est l'expérience de la vie avec ses joies et ses peines, c'est le lieu de toutes les rencontres, c'est l'histoire de tous les possibles… Xavier apprendra que partir c'est accepter de mourir un peu pour renaître ailleurs et qu'au retour, on n'est plus ni tout à fait le même ni totalement différent.

Dans "L'Auberge Espagnole", point de longueurs puisque Cédric Klapisch filme en accéléré ces bouts de la vie de Xavier qui ne riment à rien pour maintenir le spectateur en haleine : un parti pris excellent qui engendre des séquences cocasses.

Aucun doute, Cédric Klapisch sait raconter et communique ce savoir à Xavier, son personnage principal, de la plus belle des manières. Sur un ton léger, il répond à une question existentielle qui nous a tous hantés un jour ou l'autre : devenir adulte signifie-t'il pour autant renoncer à ses rêves d'enfant ? Réponse avec Xavier…

"L'Auberge Espagnole" fourmille de situations qui font éclater spontanément de rire toute une salle parce que ces tranches de vie, morceaux choisis judicieusement, sentent le vécu (n'est-ce pas Monsieur Klapisch ?).

Et les acteurs, qui éprouvent un plaisir visible de jouer ensemble, nous font croire à ce qu'ils vivent. A tel point qu'on meurt d'envie de traverser l'écran et de passer l'entretien de recrutement à l'auberge espagnole, car il y a une part de Xavier en chacun d'entre nous.

Et puis cela faisait tellement longtemps qu'une salle, toutes générations confondues, n'avait pas ri d'aussi bon cœur pendant un film. Au fait, savez-vous seulement combien de papiers il faut fournir et à combien de formalités administratives il faut se plier simplement pour aller faire son DEA en Espagne ? Savez-vous qui était Erasme ?

Imaginez une scène d'amour simulée où les rôles de la femme et de l'homme sont intervertis ! Imaginez le couple parfait : un médecin nase et sa femme chochotte et godiche ! Imaginez une bande de potes prêts à tout pour sauver l'une des leurs sur le point de se faire prendre avec son amant par son copain débarquant à l'improviste ? Imaginez les trente six mille questions de la mère de Xavier lors de ses retrouvailles avec son fils, littéralement saoulé par ce flot de paroles exaspérant ? (Et entre nous, qui n'a jamais vécu cela ?).

De la même veine que "Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain", "L'Auberge Espagnole" est un film comme on en voudrait plus souvent, une vraie bouffée d'air pur qui nous permet de croire que l'existence peut garder son authenticité dans une société gangrenée par l'artificialité des choses.

Dans "L'Auberge Espagnole", « on ne trouve que ce qu'on y apporte » et comme Cédric Klapisch et sa troupe d'acteurs, Romain Duris en tête, y apportent beaucoup, le spectateur y trouve tout ce dont il peut rêver.

En un mot, merci Monsieur Klapisch de nous avoir aussi généreusement invités Quant à vous, entrez dans "L'Auberge Espagnole" les yeux fermés : bonheur et rire assurés.


Auteure :Nathalie Debavelaere
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