24 septembre 2020
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L’Etrange histoire de Benjamin Button : Conte à l’envers

"L'Étrange histoire de Benjamin Button" (distribué par Warner Bros. France) est une œuvre à part dans la filmographie de David Fincher. Ici, pas d'ambiance glauque et poisseuse pour le réalisateur de "Seven" et "Fight Club", ni même de retournement de situation pour le grand final, mais un conte attachant où les personnages secondaires enrichissent le parcours d'un drôle de héros.

2h30 pour raconter plusieurs destins et toute une vie : est-ce trop ou trop peu ? Et surtout, est-ce finalement le chef d'œuvre tant attendu ? Malgré le bruit des rues de la Nouvelle-Orléans, galvanisées par l'annonce de la fin de la Première Guerre mondiale, un nourrisson parvient à se faire entendre. Il semble que le premier cri de Benjamin est celui d'un nouveau-né tout à fait normal. Pourtant son apparence est bien différente. Porteur des stigmates de toute une vie, entre autres la dégradation des sens et des capacités motrices, l'enfant effraie son propre père qui le dépose au pas de la première maison venue. Le hasard ou le destin fera en sorte qu'il s'agisse d'une maison de retraite. Ainsi commence la vie de Benjamin Button… A l'envers.

D'emblée le mode narratif du film se montre proche de celui d'un "Big Fish" (je parle du film de Tim Burton et pas d'un sandwich gras). Nous sommes sur le lit de mort d'une personne et il est temps de régler ses comptes avec sa descendance avant de partir. L'occasion de dérouler l'histoire d'une vie entière avec ses secrets, ses joies et ses peines. La force du métrage de Fincher repose donc sur l'ensemble de ces rencontres, prétexte à un florilège de petites histoires dans la grande. Une manière d'illustrer qu'on a bel et bien plusieurs vies dans une vie, avec son point culminant, son avant et son après.

La performance technique atteinte par les effets spéciaux et les maquillages participe grandement à l'intérêt de ce récit, qui choisit de ne pas sombrer dans le bon sentiment mais qui, par conséquent, se montre parfois trop distant par rapport à ses personnages. En effet, le petit vieillard Brad est réussi et attachant quand le jeune Pitt nous rappelle la gueule d'ange que l'acteur affichait à ses débuts. Mais l'atout majeur reste cette sensation de lire plusieurs nouvelles à la suite avec un héros sensiblement différent d'une page à l'autre. Et si on ressort heureux de ne pas avoir sombré dans la guimauve, on regrette cette petite étincelle qui nous aurait davantage impliqué dans cet itinéraire d'un enfant gâteux.

Un peu long mais vraiment beau, "L'Étrange histoire de Benjamin Button" est un parcours initiatique atypique, tantôt drôle tantôt nostalgique, porté par un Brad Pitt sobre et efficace et une Cate Blanchett toute en nuances. Comme d'habitude, on savoure la mise-en-scène de maître Fincher cependant, on reste avec une impression de voyage à la surface des choses. Un peu plus de dilemme et de sentiments, de complexité dans les choix aurait sans doute apporté ce petit bout de grâce qui aurait fait de ce "Benjamin Button" un sublime conte fantastique.

Auteur :Davy Girard
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