16 janvier 2021
Critiques

L’Ex de ma vie : Critique

Si je devais vous parler de "L'ex de ma vie" de Dorothée Sebbagh, je vous dirais très probablement, et sans prendre de pincettes, "ce long-métrage est d'une stupidité affligeante, n'allez en aucun cas le voir, même sous la torture". Ce qui n'est ni gentil ni constructif. Avant tout il faut préciser deux choses, la première étant que j'apprécie très peu le cinéma français et encore moins les comédies romantiques. La deuxième précision est que je sais reconnaître le "bon mais pas mon style" du médiocre. Si l'impartialité n'est donc pas de mise dans mes propos, cela n'enlève rien au fait qu'ils soient vrais. Je vais maintenant tenter de vous expliquer en quoi ce film est une énorme perte de temps.

Tout d'abord, Géraldine Nakache. La fonction principale de l'héroïne de comédie romantique est d'être belle au point qu'on en mourrait d'amour, ce qui vient justifier tous les actes insensés commis par le protagoniste mâle pour la séduire/ la récupérer. Malheureusement, Géraldine Nakache n'a ni assez de charisme pour être un premier rôle féminin, ni un jeu d'acteur avec assez d'envergure pour incarner autre chose que ce qu'elle a toujours incarné (avec plus ou moins de brio) : La chieuse. Vient ensuite l'intrigue, qui tenez-vous bien, repose sur un triangle amoureux, tant le cinéma français est plein de surprises. Le triangle amoureux n'est pas une mauvaise base en soi. Il est des films où il fonctionne à merveille et où les trois personnages concernés sont attachants à parts égales. Dans "L'ex de ma vie", ce n'est pas le cas. Seul Pascal Demolon semble jouer de façon naturelle, mais il est trop peu présent pour remonter le niveau global du film.

On prend donc rapidement conscience que ce triangle amoureux est une facilité scénaristique, un modèle éculé appliqué sans conviction et sans talent. L'évolution du récit est clairement aux antipodes de la spontanéité. De plus, la totalité de cette comédie romantique est bizarre. Des fois on en vient à se demander puis à conclure : "Que se passe-t-il ? Pourquoi cette scène ? Cela aurait pu servir à quelque chose de comique, mais ils n'en font rien, donc c'est inutile de nous le montrer". Rajoutez à cet amas de scènes sans réelle cohérence, le flot de blagues peu drôles (ce qui est une caractéristique majeure de la comédie française, et qui parfois, on ne sait comment, parvient à être appréciable) qui prêtent plus au soupir qu'au sourire. "L'ex de ma vie" transpire l'indigence et on le constate dès la présentation de l'ex-mari. A quoi le voit-on ? Au simple fait que, si "L'ex de ma vie" était bien écrit et réellement drôle, ils n'auraient pas eu besoin de donner un accent stupide au premier rôle masculin pour faire sourire à tout casser trois fois sur l'entièreté du film, ce qui est tristement "dégoulasse". Ce n'est pas tout. Les critiques possibles pour cette "œuvre originale" sont légion. Cependant, je pense en avoir déjà assez dit.

L'histoire se déroule à Paris, là où Ariane est venue divorcer de Nino, italien, pour ensuite pouvoir épouser son nouvel amant Christen, parce que divorcer en Italie représente au minimum trois ans de procédure. Ce à quoi Nino, encore amoureux d'elle, répond, oui, seulement s'ils visitent Paris ensemble comme prévu pour leur lune de miel (qui n'a jamais eu lieu). Je n'ai pas besoin d'en dire plus, tout le monde sait ce qui arrive dans les dernières minutes du film après des moments clés aussi peu intéressants que forcés.

Enfin, j'ajouterai une chose et je terminerai là dessus : c'est que les films français comiques sont très souvent peu intelligents, ils jouent à outrance de clichés raciaux et sociaux pour tenter d'arracher des rires. Pour ce film, ils semblent n'avoir pas étudié le cliché du bellâtre italien. Nino est macho, ça ils l'ont bien inclus, tout comme plus tard on découvre qu'en venant à Paris depuis Rome, il a emmené de quoi cuisiner, mais pourquoi ? Parce qu'un Italien, ça mange des pâtes, mais cuisinées par un Italien. Toutefois, après plusieurs crises de larmes, une absence assez handicapante de réparties, et des femmes qui s'intéressent à lui sans qu'il ait à ouvrir la bouche (alors que la séduction passe surtout par la parole en particulier chez les italiens, là où fierté et dignité sont des mots d'ordre, ce qui donne encore l'exemple d'une certaine virilité), l'intérêt pour ce héros/pleureuse va en décroissant.

A la réflexion, on se dit que l'intrigue aurait sans doute été plus touchante si l'ex-mari était trop fier pour avouer ses sentiments au départ et que son amour pour Ariane le poussait au fil du récit à mettre sa fierté de côté. Mais "L'ex de ma vie" semble s'être radicalement éloigné de tout ce qui pouvait en faire un bon divertissement. C'est tout bonnement "dégoulasse" !

Auteur :Chris Carlin
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