Critiques

L’Hermine : La critique du film

Par Damien Langny


Si Christian Vincent est aujourd'hui un réalisateur confirmé, ce n'est cependant pas au cinéma qu'il se destinait. Ses vingt premières années, c'est au militantisme politique qui les consacrent. Toutefois, à 21 ans, c'est Jean Renoir qui le fait tomber dans le cinéma. Ce n'est donc pas un hasard si, aujourd'hui, le lycéen banlieusard est devenu un véritable poète. Car il signe avec "L'Hermine" son nouveau coup d'éclat.

"L'Hermine", c'est un bijoux d'intelligence et de créativité. C'est l'histoire… d'une histoire. En apparence d'un magistrat, d'un président de cour d'assise misanthrope, qui d'une certaine routine entame, malade, son nouveau procès. Sûrement une grippe, c'est la saison. Mais, en vérité, malade d'amour. Il va retrouver dans le jury l'élu de son coeur...

Lorsqu'il ne filme pas en gros plan, Vincent laisse place à la scène : le prétoire. Cette amphithéâtre qui n'est en réalité que théâtre. Car quoi de mieux qu'une arène Shakespearienne pour exprimer cet élan de sentiments humain qu'est l'amour ? Et lorsqu'il sort de l'arène, c'est pour installer ses personnages. Ces juristes, débâtant chacun à leur manière, suivant leur histoire, leur personnalité, leur culture, non pas sans rappeler les pièces de Molière.

Mais surtout, et avant tout, pour faire retrouver le duo amoureux du film, interprété par Fabrice Luchini et Sidse Babett Knudsen. Un duo dont les mots ne suffisent pas à faire comprendre ce qu'eux nous font passer. La comédienne et le comédien ne sont pas amoureux, l'homme et la femme le sont. Si bien Knudsen que Luchini ont une subtilité incroyable de jeu, ce dernier rendant son personnage, on se demande parfois si autobiographique ou non, pour le moins repoussant, des plus attachants. Ils sont absolument splendides et nous transportent dans un tourbillon d'émotions, si ce n'est un certain tourbillon de la vie…

Prix d'interprétation pour Luchini et prix du meilleur scénario pour Vincent à la dernière Mostra de Venise, c'est bien le moins que l'on puisse donner à "L'Hermine", dont le final nous confirme bien que l'on vient de voir un prodige d'écriture, de cinéma, et de poésie.

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