15 octobre 2021
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L’homme du train : Un homme est passé

Avec "L'homme du train", on pensait tenir là le vrai retour de Patrice Leconte. Un film intimiste dans la lignée de "Tandem", "Monsieur Hire" ou "Le mari de la coiffeuse". Un beau duo d'acteur avec un étonnant Johnny Hallyday et un Jean Rochefort parfait comme d'habitude. Deux hommes totalement différents où chacun rêve de prendre la place de l'autre. Les deux hommes ont en commun d'être à une étape importante de leur vie: l'étranger a 3 jours pour préparer le hold-up de la banque locale, le prof doit subir un triple pontage, dans 3 jours précisément. L'un est silencieux, portant le poids d'un lourd passé de gangster, l'autre est volubile, réfugié dans ses souvenirs.

Si "L'homme du train" parvient à intéresser, c'est uniquement grâce à la présence des deux comédiens qui font jeu égal et cela malgré des personnages très caricaturaux. Grâce aussi parfois aux dialogues de Claude Klotz qui lorgnent souvent vers ceux de Michel Audiard. Toutefois, ce qui frappe le plus dans ce film mineur est cette réalisation expéditive de Patrice Leconte, l'impression d'un film tournée rapidement par un cinéaste qui enchaîne les commandes sans passion, ni inventivité.

Construire un film à partir d'un duo d'acteur n'est pas déshonorant, loin de là mais emporté avec soi un scénario plus structuré (le film souffre d'un problème de rythme évident...) et surtout plus ambitieux (le propos est plus que mince…) peut toujours servir. Et le final onirique n'arrange pas vraiment les choses. Il finit tout simplement par plonger "L'homme du train" dans un certain ridicule. Aussi "L'homme du train" reste-t-il la promesse du grand retour attendu de Patrice Leconte...

Auteur :Christophe RousselTous nos contenus sur "L'homme du train" Toutes les critiques de "Christophe Roussel"

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