Critiques

L’Odyssée : Un biopic qui ne prend pas l’eau

A vrai dire, que sait-on vraiment, aujourd'hui, du commandant Cousteau. L'image que la plupart des gens en garde, c'est celle d'un vieux bonhomme, un peu squelettique, à lunettes et cheveux blancs, qui partait défendre les fonds marins et l'écologie, armé de son emblématique (et un peu stupide) bonnet rouge (inspiré du Grand Schtroumpf ?). Bref, on n'en connait pas grand chose et on n'aurait très bien pu continuer de vivre tout en restant dans cette parfaite ignorance.

C'était sans compter sur Jérôme Salle qui avait pour projet depuis 2011 de porter à l'écran la vie de Jacques-Yves Cousteau et de sa conquête des océans. Jérôme Salle, oui, c'est bien le mec qui a réalisé "Anthony Zimmer" (pas si mauvais que ça, il a même fait l'objet d'un remake par les ricains), mais surtout deux (!) "Largo Winch" (avec Tomer Sisley dans le rôle-titre. Si ça, ça ne décrédibilise pas un réalisateur à vie, alors on n'y comprend plus rien). Pas de quoi nous rassurer, en somme.

Pourtant, "L'Odyssée" faisait partie des films des films attendu de l'automne. Comme quoi, une bonne bande annonce, avec quelques images fortes, peut parfois faire des miracles.

Alors que dire de "L'Odyssée" ? Déjà, ça n'est pas un documentaire océanographique. Certes il y a des images des fonds marins, dont certaines magnifiques (notamment quand Pierre Niney aka Philippe Cousteau, se retrouve à filmer sous l'eau une baleine bleue), mais l'essentiel des scènes se passent hors de l'eau.

Car, au-delà d'une simple biographie de Cousteau, "L'Odyssée" s'attache avant tout à dépeindre l'histoire d'une famille qui s'est investie entièrement dans une passion commune : l'océan ! Une place importante du film est même consacrée à la relation parfois houleuse entre Cousteau et son fils cadet, Philippe, qui s'intéressa très tôt à l'écologie, à une époque où son père n'en avait que faire,

D'ailleurs, c'est là, le vrai intérêt du film, puisque le portait qui est dressé de Cousteau n'est pas, comme souvent dans les biopics, un portrait édulcoré (même si les circonstances de la tardive prise de conscience de Cousteau pour l'écologie semblent un peu trop romancées pour totalement y croire).

Au contraire, "L'Odyssée" s'attarde à montrer les facettes sombres de son héros, qui se révèle peu sympathique (malgré une femme formidable, Simone, le commandant était un séducteur, avec, en bon marin, une femme dans chaque port !). Ego-centré, à tendance mégalo, l'homme qui avait à cœur de faire découvrir des territoires inconnus de la planète n'était au fond qu'un être avide de reconnaissance et de gloire, prêt à toutes les extrémités, comme recourir à des compagnies pétrolières pour faire financer ses films ou travestir la réalité pour susciter l'admiration.

Evidemment, "L'Odyssée" ne serait rien sans son casting, parfait. Lambert Wilson, totalement investi, semble être la réincarnation du marin des profondeurs. Pierre Niney est égal à lui même, apportant toute sa sensibilité et sa fragilité au personnage de Philippe, et Audrey Tautou tient de loin son meilleur rôle, avec Simone Cousteau, femme libre, amoureuse et torturée.

Pourtant, "L'Odyssée" n'est pas sans reproche, en raison de longueurs sur quelques scènes, une tendance à abuser du mélo et surtout une multiplication de plans souvent trop soignés, parfois très artificiels. Un peu plus de simplicité ne lui aurait pas nuit. 

Au final, un biopic qui sans révolutionner le genre réussit au moins son pari de faire découvrir au public le vrai Jacques-Yves Cousteau, loin d'être le saint qu'on aurait pu s'imaginer.

Auteur :Karine LeBreton
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