21 janvier 2020
Critiques

La Bataille de Solferino : Prometteur

Pour ce premier long métrage, "La Bataille de Solferino", Justine Triet ne disposait que d'un très petit budget, une vraie contrainte bien plus qu'un choix pour la jeune réalisatrice. Mais avec ce petit coup de force qu'est "La Bataille de Solferino", elle entre dans le cercle des réalisateurs très prometteurs à surveiller de près.

Dans ces précédents documentaires, on pouvait déjà voir cet intérêt pour les foules, ici, elle fait preuve d'une véritable maitrise sur cet objet cinématographique imprévisible. On retrouve donc les images habituelles des ces événements : interviews parfois un peu surréalistes, imprévus devant la caméra et cette fête écrasante.

Mais "La Bataille de Solferino" nous donne également à voir ce que l'on ne voit jamais : une histoire qui se passe derrière les élections, pour qui ces dernières ne sont qu'une toile de fond. Et dans ce décor très vrai (et pour cause, toutes les scènes de foules ont bien été filmées le 06 mai 2012 à Solférino), la mise en scène de ce couple, flanqués d'enfants en pleurs, de baby-sitter légèrement paumé, de copain bientôt avocat, sonne très juste.

Dés le début, la tension est très bien rendue dans "La Bataille de Solferino", elle s'amplifie bien sur, comme toutes les autres émotions, à l'arrivée dans cette marée humaine. L'adaptation à ce phénomène est parfaite, à tel point que l'on a l'impression que tout était prévu, que c'était écrit, ce qui, bien sur, était impossible. Malgré l'immense bazar de la foule, les caméras parviennent à suivre les protagonistes principaux avec une impressionnante précision.

Enfin, en filmant ce couple et cette foule Justine Triet dresse un portrait très affuté de cette génération. Bien plus que la joie c'est la désillusion qui ressort finalement de ces images, avec les débordement de fin de soirée électorale d'une part et le dénouement impossible de cette guerre entre deux êtres qui ne savent pas se parler.

Auteur :Christopher Ramoné
Tous nos contenus sur "La Bataille de Solferino" Toutes les critiques de "Christopher Ramoné"

ça peut vous interesser

Cédric Kahn : « J’étais impressionné par Catherine Deneuve »

Rédaction

Sibyl : Se refaire une virginité

Rédaction

Sibyl : La critique du film

Rédaction