6 décembre 2021
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La Beuze : C’est con mais c’est bon !

On ne peut pas dire qu'avec un tel synopsis et un tel casting (deux anciens du Morning Live), "La Beuze" suscite en nous de grands espoirs cinéphiliques. Certes, Michaël Youn est un virtuose du mauvais esprit potache, mais on peut douter qu'une comédie de ce genre puisse prouver ses (tout à fait) possibles talents d'acteur ciné. Et bien, surprise, "La Beuze" est loin d'être la daube que l'on pouvait craindre. Car si ce film n'est assurément pas une oeuvre de première importance, il n'en demeure pas moins une comédie sympathique, réussie, et - il est bon de le préciser - drôle.

Le premier très judicieux parti pris des deux réalisateurs (venus du court-métrage) a été de ne pas succomber au second degré systématique, ce ton assez envahissant de l'humour dans nos contrées - car servant trop souvent à masquer le manque d'idées originales. Ici, la mise en scène ne se paye jamais outrancièrement la tête de ses personnages (mis à part les nazis, mais bon, c'est des nazis, alors...). C'est également un bon point à mettre au crédit des deux acteurs principaux : Michaël Youn (plus nuancé qu'il n'y paraît) et Vincent Desagnat (particulièrement tordant en ahuri) parviennent à donner une certaine épaisseur, de la crédibilité même parfois, à ce curieux duo.

De même, si à plusieurs reprises certaines séquences menacent de tourner au sketch, le film contourne presque toujours cette facilité et se resserre sur son intrigue. D'ailleurs, l'intrigue en question échappe elle aussi à l¹indigence que son résumé laisse supposer, ménageant quelques surprises bienvenues et autres intervenants savoureux (mention spéciale au flic interprété par Lionel Abelanski, très convaincant en néo-Dirty Harry, et aux diverses apparitions éclectiques, de Ginette Garcin à Kool Shen -!-).

Bien sûr, tout dans ce film n'est pas justifié, et il peut être légitime de trouver opportuniste l'utilisation de gloires médiatiques du moment, du thème de la beuh, et de chansons censées engranger les ventes de singles. Mais l'ensemble a le mérite de ne pas se prendre pour plus qu'il n'est, ce qui est assez rare dans ce genre de cinéma pour être salué (de plus, la réalisation est nettement au-dessus de la moyenne de cette catégorie).

 "La Beuze" constitue donc une honnête et drôle série B, vite vue, vite oubliée; ça ne va pas chercher bien loin mais ça ne manque pas de charme. Et puis, un film où l'on chante à tue-tête 99 Luftballons au volant d¹un corbillard, où les perroquets s'appellent Nelson Monfort et où l'on cite aussi bien Shaft que les Blues Brothers (les clins d'oeil aux 70s et 80s sont multiples) ne peut pas être foncièrement mauvais...

Auteur :Rémi Boîteux
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