5 décembre 2020
Critiques

La Boîte Noire : Décevant

Après un grave accident de voiture et un coma profond, un homme découvre le recueil troublant de ses délires notés par une infirmière dans sa phase de réveil. Que cache au fond cette boite noire, cette porte ouverte sur l'inconscient d'Arthur ? A-t-il des choses à apprendre sur lui-même par l'analyse de ce flot de paroles à priori incompréhensible ? En adaptant une nouvelle de Tonino Benacquista, Richard Berry s'attaque à un sujet ambitieux. Construite comme une intrigue policière, le film suit la descente aux enfers d'Arthur, interprété de façon convaincante par José Garcia, cherchant à comprendre les mécanismes de son propre esprit. 

Une psychanalyse violente et en roue libre qui ne tardera  pas à le troubler au plus au point, l'emmenant aux portes de la folie. Pour illustrer ce voyage mentale, Berry soigne sa mise en scène grâce à une photographie glauque verdâtre du meilleur effet, un montage particulièrement efficace et une musique envoûtante tout droit sortie de l'inconscient torturé du personnage principal. Par l'utilisation intensive du format cinémascope, il n'hésite pas à jouer sur les zones d'ombres, allant même jusqu'à floutter une partie de l'écran afin d'isoler un peu plus dans l'espace la quête incertaine d'Arthur. 

Comme dans l'excellent film d'Adrian Lyne, "L'Echelle de Jacob", certaines scènes se situent à la frontière du fantastique, notamment une séquence hallucinatoire traumatisante, distillant un malaise tout à fait suffoquant. Chaque détail compte et les spectateurs les plus vigilants prendront sûrement beaucoup de plaisir à se perdre dans ce dédale psychologique complexe et tortueux. Malheureusement, la chute finale déçoit autant que le film nous laisse espérer le meilleur jusqu'à la dernière bobine. 

Soudain frappé du syndrome "Les Rivières Pourpres", le mystère de La boite noire se dissipe aussi vite que la conclusion du policier le jeudi soir sur une grande chaîne nationale. Sans rien révéler, il aurait peut être été préférable de laisser le spectateur dans l'expectative (au risque d'en frustrer beaucoup) plutôt qu'une résolution claire mais aussi peu convaincante.  Vient alors à l'esprit du spectateur cette terrible expression : « Tout ça pour ça ? »

Auteur :Frédérick Lanoy
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