20 juillet 2019
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La Chute du Faucon Noir : Un film salutaire

Somalie, octobre 1993. La dramatique situation de la population pousse les Nations-Unies à envoyer sur place une force d'interposition pour faciliter la distribution de vivres aux plus démunis. Les américains, exaspérés eux, par les agissement du général Aïdid, envoient sur place des troupes spéciales pour l'assassiner.

Début octobre une offensive éclair est lancée par les Delta Force et les Rangers pour pénétrer dans le quartier contrôlé par Aïdid, investir un de ces centres de pouvoir et faire le plus de prisonniers possible. Les soldats, partis pour une mission de quelques minutes, vont, petit à petit, à mesure que se délite la situation sur place, se retrouver pris dans un conflit dont l'enjeu les dépasse. Les blessés se multiplient et l'opération s'enlise.

Forcés de faire appel aux blindés de l'ONU, les américains ne s'en sortiront qu'avec 19 morts et de nombreux blessés. Faut-il encore présenter Ridley Scott ? Depuis Les duellistes, jusqu'à Gladiator en pasant Thelma et Louise, Alien, Blade Runner ou Black Rain, il a marqué de sa patte le cinéma américain en réalisant quelques-uns des films les plus marquants de ces trente dernières années. Mais si il a été l'auteur de chefs d'oeuvre, il a également donné naissance à des films autrement plus mauvais tels les calamiteux A armes égales, Lame de fond, ou récemment Hannibal . 

Le voir aborder un évènement aussi sensible n'est donc pas sans éveiller la curiosité. Côté réalisation, le savoir-faire acquis en plus de vingt ans de carrière se ressent à l'écran, les scènes de combat de rue (qui occupent presque deux heures dans le film) sont d'une intensité rare et si le cinéaste cède parfois à quelques facilités esthétiques, c'est probablement davantage du à la volonté de son producteur (Jerry Bruckheimer pour ne pas le nommer) qu'à la sienne propre.

On y découvre également la brutale violence des combats en milieu urbain avec ce qu'ils peuvent receler de pièges et de dangers. L'ouverture du film par la mise en scène du rituel guerrier de l'armée américaine fait craindre le pire mais, très vite, les choses dérapent et Scott semble s'amuser à saisir les failles de cette opération pourtant préparée avec la plus grande méticulosité. Noyées sous les tirs de roquettes et les explosions à répétition, le cinéaste s'attache à saisir le malaise des soldats, souvent très jeunes, envoyés sur place. 

D'abord sûrs d'eux et de leur victoire facile, le lent glissement vers l'horreur vient vite ternir leur assurance et il se laissent aller à quelques doutes. L'opération se termine et les soldats, marqués par la perte de leurs camarades, doutent de leur rôle. Toutefois, Ridley Scott n'appuie pas sa critique, il ne cherche pas à insister, laissant agir les images. Si l'Amérique ne sort pas déchue du film, le film n'en est pas moins une critique (évidemment voilée, politiquement correct oblige) de l'interventionnisme américain. Un film sans doute très guerrier, et parfois un peu long, mais qui prend, en ces temps troublés, une dimension toute particulière.
Auteur :Guillaume Branquart
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