Critiques

La Crème de la Crème : Drôle de jeunesse

Le cinéaste de Sheitan" et de "Dog Pound" retourne en classe avec "La crème de la crème". Dans sa nouvelle comédie romantique, il suit l'itinéraire de trois jeunes qui installe un marché du sexe au sein d'une des plus grandes écoles de commerce de France. Kim Chapiron est un cinéaste français que l'on connait pour dépasser les limites et montrer sa vision des « micro-sociétés ». Dans son dernier long-métrage, il s'attardait sur des étudiants en manque d'affection. On ne les voyait pas travailler mais plutôt vivre leurs vies de jeunes adultes. Les spectateurs les retrouvaient essentiellement entre les cours et lors de soirées festives où musiques électroniques et chanson fédératrice comme Le Lac du Connemara de Michel Sardou s'enchaînent.

"La crème de la crème" est un défouloir où les jeunes prennent le contrôle de la hiérarchie. Ils l'imposent leurs règles et leurs disciplines. Dans cet institut, les groupes s'identifient par rapport à des catégories. Pour y rentrer, il faut passer des tests qui montreront aux yeux des autres sa popularité. Dans cet univers, il faut rentrer dans une « case » pour exister. C'est ce que vont faire la jeune Kelliah (Alice Isaaz) avec ses amis Dan (Thomas Blumenthal), Louis (Jean-Baptiste Lafarge) et Jafar (Karim Ait M'Hand). Ces compères vivront leurs histoires et s'embarqueront des affaires dont ils perdront certainement le contrôle. Le sexe devient un marché, un besoin et une économie.

Ce trio est à la tête d'une organisation bien rodée. Kim Chapiron nous explique comment fonctionne un marché et en tirer des bénéfices. Il nous questionne notre société sur le rapport entre les jeunes et la sexualité. Tout cela est bien montré dans un scénario abouti et recherché. Il est parfaitement interprété par la jeune génération d'interprètes qu'il a sollicitée et orchestré par une dynamique de groupe. On retrouve dans "La crème de la crème" une fraîcheur, une envie et un plaisir de défendre des personnages ambiguës et manipulateurs. Enfin, le réalisateur traitre avec brio du rapport des différents milieux sociaux avec une certaine excentricité. Kim Chapiron croise de fortes personnalités au service de fantasmes et de la réalité. Tout avec une liberté et une inventivité, il arrive à sortir des clichés et nous dresse le portrait d'une jeunesse dispersée.

Auteur :Joris NaessensTous nos contenus sur "La crème de la crème" Toutes les critiques de "Joris Naessens"

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