Critiques

La Désolation de Smaug

Un an après "Le Hobbit: Un voyage Inattendu", voici donc le second volet des aventures de Bilbon Sacquet. Si le premier épisode de cette nouvelle trilogie nous avait laissé circonspect et sur une impression mitigée due à une exposition qui s'étirait en longueurs et dont le souffle épique ne jaillissait que par intermittences, on se demandait si Peter Jackson parviendrait à retrouver la magie qui l'accompagne depuis qu'il a lié son destin à celui des écrits de Tolkien.

On ne doutait pas que le réalisateur néo-zélandais en soit largement capable et il confirme effectivement avec "Le Hobbit: La Désolation de Smaug" qu'il est bien l'un des metteurs en scène contemporain les plus impressionnants et que lorsqu'il allie sa redoutable technique à la puissance d'un récit qui va vite, il est capable d'atteindre des cimes fréquentées uniquement par quelques génies du septième art. Film d'aventures imparable, "Le Hobbit: La Désolation de Smaug" est une démonstration de savoir-faire et d'intelligence qui érige le spectaculaire en maître mot.

Avec ses talents de conteur et son brio pour proposer des images d'une beauté et d'une poésie à nulle autre pareille, Peter Jackson reprend sa place tout en haut de l'échiquier des réalisateurs les plus brillants. Avec un film nettement plus sombre que le premier épisode ainsi qu'une montée progressive de la tension dramatique par le biais d'une succession de séquences d'action échevelées, "Le Hobbit: La Désolation de Smaug" est un bonheur de chaque instant qui fait autant appel aux sensations enfantines qu'aux phobies les plus répandues telles que l'arachnophobie.

Un film proprement jubilatoire qui fait trépigner devant l'écran, tant les séquences d'action démontrent une mécanique de précision incroyable alliée à une science du cadre, du montage et du rythme tout bonnement stupéfiantes. Formellement le film est irréprochable et la caméra de Peter Jackson sait se faire majestueuse et lyrique en offrant à nos rétines éblouies des panoramiques somptueux.

Virevoltant, le film est aussi une succession de séquences toutes plus folles les unes que les autres. A titre d'exemple, la scène de descente d'une rivière en tonneaux est aussi ébouriffante que la  course poursuite dans les rues de Bagghar des "Aventures de Tintin" de Spielberg. Un sommet de mise en scène qui en appelle d'autres, le film étalant au fil des bobines une classe et une maestria qui ne se dément jamais et qui laisse le spectateur pantelant dans son fauteuil.

Rivalisant d'ingéniosité dans le traitement de l'action, faisant apparaitre au gré de cadres toujours en mouvement, à la fois des personnages devant puis en arrière plan, faisant avancer son récit par l'entremise d'intrigues parallèles, Peter Jackson est comme un poisson dans l'eau dans cet univers qu'il maîtrise à merveille. Connaissant également ses personnages sur le bout des doigts, il nous gratifie, qui plus est, d'un humour salvateur au centre d'une histoire à la noirceur prégnante.

Que ce soit Thorin ou Kili pour les nains, Gandalf ou bien sûr Bilbo, les personnages que nous connaissons déjà et que nous aimons ont chacun leurs grands moments. Mais ils finissent, malgré le poids de leur présence, par être éclipser par les incroyables Legolas et surtout Tauriel, interprétée par une splendide Evangeline Lily qui décoche ses flèches avec une dextérité incroyable. Le tout dans cette ambiance sombre et violente déjà évoquée et qui ajoute de la profondeur à l'ensemble.

Puis, pour parachever 2H40 de grand cinéma, il y a ce dernier tiers de film où l'on se retrouve enfin dans l'antre de Smaug et face à ce dragon littéralement incarné par un Benedict Cumberbatch qui parvient à lui conférer majesté et profondeur tout en se montrant extrêmement menaçant et angoissant. Les autres comédiens, de Martin Freeman à Ian McKellen en passant par Richard Armitage ou Orlando Bloom reprennent leurs marques avec une facilité et un talent déconcertants.

Si ce n'est la musique, légèrement en deçà de ce à quoi nous sommes habitués et une ou deux lenteurs vite rattrapées, "Le Hobbit: La Désolation de Smaug" est un régal absolu qui se clôt sur une énorme frustration à la hauteur des plus grand cliffhangers de séries télé et qui offre des perspectives de plaisir extatique pour un dernier volet qui s'annonce dantesque. L'année à venir va être longue !

Auteur :Fred Teper
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