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La Fille du Puisatier : Voilà qui sent la naphtaline

C'est un classique des années 40. "La Fille du Puisatier" version Pagnol avec Fernandel et Raimu se trouve aujourd'hui dépoussiérée. Version 2011, c'est Daniel Auteuil qui réalise, et joue le puisatier, entouré de Kad Merad, Nicolas Duvauchelle et Astrid Berges-Frisbey...

On vous parle d'un temps que les moins de 20 ans... Voire les moins de 60... Un temps où les jeunes filles n'étaient pas dévergondées, laissaient à peine entrevoir un morceau de cheville, rougissaient à la moindre rencontre. Un temps où les pères étaient de vrais chefs de famille, où l'honneur comptait avant tout. Ou presque. Un temps que contait à merveille un certain Marcel Pagnol, « avé l'assent ».

En 1940 par exemple, il filme "La Fille du Puisatier". Patricia de son petit nom, qui fait une jolie rencontre en allant porter le déjeuner à son père. En fille trop délurée, elle fautera avec Jacques Mazel, fils des épiciers du village, ce que la bourgade compte de plus proche d'un bourgeois. Manque de chance, la guerre éclate et son amoureux part, sans savoir qu'il l'a mise dans une position délicate. Sauf qu'un enfant sans père, c'est le déshonneur pour la jeune fille et pour sa famille. Rejet du lot mère-fils par lepaternel Amorretti-le puisatier et les parents Mazel. Décidément. Le tout dans une Provence qui s'approche d'un jardin d'Eden. Logique donc que celle qui a croqué la pomme en soit exclue.

En tout cas en 1940. Le film déroulait alors son histoire sans peine, ses enjeux compris par tous, ses valeurs épousées par les spectateurs, en phase avec un casting de « stars » : Raimu en patriarche et Fernandel en ami fidèle, amoureux malheureux de la fille du puisatier. Une histoire qui fleure bon la lavande, et se déguste toujours en noir et blanc, avec juste ce qu'il faut de recul pour apprécier son côté suranné.

Pourquoi alors un remake ? Peut-être parce qu'Auteuil doit beaucoup à Pagnol, lui que l'on connut en Ugolin, le rôle qui lui valut un César. Peut-être aussi parce que l'un de nos acteurs « classiques » avait envie de se faire plaisir. Sauf que... Sauf qu'il n'apporte rien de plus à cette histoire. Pas de recul, pas de résonance actuelle. Il reprend ni plus ni moins la base : une fille perdue qui doit retourner dans le droit chemin, une histoire d'honneur. Et là où certains films en costume semblent étrangement « actuels », "La Fille du Puisatier", version 2011, distribué par Pathé, est tellement daté qu'il devient périmé, avec en prime quelques relents de moralisme peu agréables dans nos années 2000...

Une fille avec ses propres idées et qui vit sa vie ? Dangereux. Pour le père surtout, qui finalement aura le bon coeur de prendre sur lui, perdu lui aussi par une fille qui voulait être jolie et éduquée. Un père que Daniel Auteuil reprend donc à son compte, après Raimu. Et là c'est le choc. Fernandel et Raimu ? Des acteurs subtils au jeu très « actor's studio » par rapport au jeu outré d'Auteuil et de Kad Merad, c'est un comble ! Sans oublier le point commun à tout le casting qui fait sérieusement mal aux oreilles : le mal qu'ils ont à jouer l'accent du Sud. Les « jeunes » Astrid Berges-Frisbey et Nicolas Duvauchelle semblant, eux, dans un autre film, actuel et sans accent, mais sans beaucoup de jeu non plus...

Auteure :Fadette Drouard
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