27 février 2020
Critiques

La Forme de l’eau – The Shape of Water : Insipide comme de l’eau !

Favori aux Oscars avec treize nominations et moult éloges à son actif, le dernier film de Guillermo Del Toro, encensé par les critiques tel un chef d'œuvre, s'annonçait très prometteur. Avec un cinéaste de talent, une affiche mystérieusement envoûtante et un univers digne de l'âge d'or hollywoodien, tout était réuni afin de concocter une œuvre surprenante et alternative. Finalement, 123 minutes d'ennui plus tard, "La forme de l'eau" se révèle aussi insipide que mièvre.

Alors certes, les décors sont remarquables, il nous plonge dans une atmosphère à la fois rétro et fantaisiste, le casting est convaincant et la bande-son agréable. Malgré cela, le scénario est tellement prévisible qu'il n'émeut pas une seule seconde. Les personnages sont caricaturés au summum et profondément manichéens.

D'un côté il y a les gentils, avec l'héroïne désuète aux allures d'Amélie Poulain, la meilleure amie comique afro-américaine, le meilleur ami gay et le monstre amphibien à la silhouette très anthropomorphe. De l'autre les méchants, avec le terrible colonel Strickland à la fois raciste, violent et misogyne, l'agent double soviétique accompagné de ses acolytes russes à l'accent très prononcé.

Les personnages qui avaient certainement pour ambition de nous faire réfléchir sur la notion d'altérité font un énorme flop. Le message est poussé à l'excès, pour n'en citer qu'un, j'évoque : la scène où Giles est violemment rejeté par le serveur à qui il vient d'exprimer son intérêt, comme si l'homophobie ne lui suffisait pas, il expulse à la suite un couple afro-américain de son café.

Bien que ce soit un conte fantastique, le film comporte plusieurs incohérences qui ne passent pas inaperçues. Il est étonnant de constater qu'une simple manutentionnaire ait accès aussi facilement à chaque recoin de la base militaire avec son laboratoire censé être ultra-secret. La scène où Elisa réussit, à l'aide de ses faibles moyens, à faire évader l'amphibien, en est aussi un bon exemple.

Le scénario basé sur la romance entre Elisa et la créature se veut poétique comme l'expression d'un amour impossible, alors qu'en réalité l'émotion n'est pas au rendez-vous. L'évolution de la relation entre les deux personnages est très expéditive. Quelques œufs durs, deux ou trois vinyles 45 tours et regards énamourés plus tard, les deux héros développent de véritables sentiments amoureux qui semblent aussi niais qu'artificiels. 

En résumé, "La forme de l'eau" est une déception. On remarque une certaine timidité dans le scénario du cinéaste au travers des messages qui manquent de subtilité et restent dans l'ensemble inaboutis. L'histoire d'amour n'est pas assez crédible et le happy-end sans originalité. Malheureusement, le dernier film de Guillermo Del Toro tombe à l'eau… 
Auteure :Pauline Clément
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