1 décembre 2021
Critiques

La French : Convainquant

Pour son 3ème long métrage en tant que réalisateur, Cédric Jimenez ("Aux yeux de tous"; " Who's the boss ?) exploite un fait divers qui a défrayé la chronique pendant les années 70 : la confrontation entre le juge Michel et Gaëtan Zampa, boss de la French Connection. 1975, Marseille, l'organisation mafieuse baptisée « French Connection » bat son plein et fait régner « terreur » et corruption sur la ville. Adepte de tous les trafics (prostitution, drogues…), la French a une spécialité : le trafic d'héroïne et s'impose alors comme le fournisseur n°1 des Etats-Unis. Faute de preuves et de flics honorables, la French sévit en toute liberté. Intervient alors Pierre Michel, un juge aux valeurs et principes infaillibles, prônant la justice, prêt à tout pour supprimer la racaille. Son arrivée dans l'affaire va marquer le début d'une chasse aux sorcières qui s'étendra jusqu'à son assassinat en 1981.

Si Jimenez s'intéresse à cette histoire, ce n'est pas uniquement pour sa portée médiatique ou son caractère révoltant. Originaire de Marseille, il a grandi au sein de cette ville alors corrompue et dominée par les « méchants ». Nul autre frenchy ne pouvait donc mieux réussir le pari. Et pour accroître ses chances, il a la brillante idée de choisir l'un des duos les plus sympathiques du cinéma français : Jean Dujardin et Gilles Lellouche (dont on ne cite plus la filmographie).

Aussi talentueux et charismatiques que beaux gosses, les deux acolytes se retrouvent à l'affiche une nouvelle fois (après "Les Infidèles") et le carton est assuré.  Dans ces rôles sérieux et impitoyables que sont Zampa et Michel, les deux amis mettent tout le monde d'accord : ce sont de vrais acteurs. Personnages délurés et ironiques aux figures les plus sombres et dramatiques, leur crédibilité ne souffre aucun mal. Notons également la présence de Mélanie Doutey et de Benoît Magimel qui n'en sont pas à leur première collaboration avec Gilles Lellouche. Comédiens confirmés et aimés du public français, leur interprétation naturelle ne laisse pas le spectateur indifférent.

Hormis des acteurs de talent, Jimenez a su se donner des limites quand au côté violent et bling-bling; deux caractéristiques prédominantes que l'on retrouve généralement dans les films de gangster et qui finissent par les alourdir. A sa manière, et avec brio, il a laissé la touche française dominer, là où d'autres auraient américanisé et rendu superflue une histoire dramatique et touchante.

En définitive, bien qu'il n'apporte pas un souffle nouveau dans le monde du cinéma, "La French" (distribué par Gaumont) est un bon film. Divertissant, réaliste et touchant. On vous invite à vous rendre dans les salles obscures dès le 03 décembre pour une visite de Marseille à une époque bien sombre.

Auteure :Céline Maréchal
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