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La Légende de Zorro : La critique du film

7 ans après le premier volet, Martin Campbell, son producteur Steven Spielberg et le duo d'acteurs vedettes reviennent avec "La Légende de Zorro" pour donner suite au plutôt réussi "Masque de Zorro".

Méchant patibulaire, héroïsme enfantin, péripéties bondissantes et décors ensoleillés, tout a été réuni pour divertir les jeunes têtes blondes (et pourquoi pas- les adultes qui les accompagnent) avec "La Légende de Zorro". La formule, aussi éprouvée soit-elle, trouve toutefois rapidement ses limites…  Zorro est un homme comme vous et moi : il a une femme qui l'engueule quand il rentre trop tard du travail, il boit un peu trop les soirs de déprime et il gère parfois difficilement les sautes d'humeur de son jeune fils de huit ans. Voilà pour l'arrière plan psychologique du dernier film de Martin Campbell, réalisateur de "Goldeneye" mais aussi de "Vertical Limit".

Surfant maladroitement sur la thématique chère aux films de super héros (comment concilier vie privée et missions héroïques ?) "La Légende de Zorro" évoque les dilemmes du dernier "Spider-Man" ou du récent "Batman Begins". La comparaison s'arrête là puisqu'il ne faut surtout pas s'embarrasser d'une intrigue trop complexe qui risquerait d'ennuyer les plus jeunes spectateurs pour qui le film s'adresse en priorité. 

Ainsi, les méchants sont laids (donc immédiatement identifiables) et fourbes (il y a même un français tout à fait incorrigible). Face à eux, les gentils sont uniformément sympas et valeureux. Il y a de l'humour (le cheval de Zorro qui se bourre la gueule, irrésistible) et la censure a bien fait son travail car pas une goutte de sang ne viendra souiller l'écran sur deux heures de projection pourtant riches en combats et en morts violentes.

En fait, à force de ratisser large le seul risque que prend finalement "La Légende de Zorro", avec son humour bas de plafond et ses aventures très Tintin au Mexique, est d'être interdit au plus de 10 ans. De plus, Martin Campbell foire joliment la scène d'action la plus spectaculaire du film dans une course poursuite impliquant un train fou et de la nitroglycérine.

A force d'abuser de fonds bleus hideux et d'incrustations désastreuses, "La Légende de Zorro" accomplit l'exploit de faire moins bien que "Le Masque de Zorro" sorti en 1998 ! Un comble quand on sait les progrès accomplis par les effets spéciaux depuis. Si l'on ajoute à cela un gamin tête à claque dont on aimerait bien voir la tête entrer régulièrement en contact avec la face tranchante d'une pelle et "La Légende de Zorro" semble à des années lumières de l'agréable souvenir du premier volet. 

Toutefois, remettons les choses à leurs places : ce (très) long épisode en Cinémascope des aventures du chevalier masqué devrait plaire aux enfants. Le cocktail action-humour-aventure-happy end fonctionnera probablement pour eux même si on aurait aimé que les scénaristes pensent au plus de huit ans. Ce sont pourtant eux qui paient la place…

Auteur :Frédérick Lanoy

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