22 février 2020
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La Mémoire dans la peau : Vive Matt Damon !

Vous l'aurez compris, "La mémoire dans la peau" est un film d'action, qui vous fera voyager en compagnie de Jason Bourne. L'aventure commence au large d'un océan, se poursuit sur un bateau, puis en Suisse, en Allemagne, en France. Et Surtout en France. A Paris, dans ses lieux les plus connues et d'autres moins, afin de poser le décor digne d'un film à la Bond.

Entre "Spy Game" et "Ennemi d'Etat", Doug Liman prend le train avec "La mémoire dans la peau" à la même vitesse exponentielle que dans son précédent "Go", qui présentait une bande de jeunes survoltés.

Ici, l'électricité est savamment dosée, avec des moments de répits évitant ainsi le risque de saturation -"vas y que je t'en mette plein les mirettes"- instants que pourrait présenter un "Men In Black II".

D'ailleurs, il ne s'agit pas de faire exécuter à Matt Damon et à Franka Potente ("Cours Lola Cours"; elle détale toujours aussi vite...) des doubles saltos arrière et de filmer en "bullet-time" comme dans "Matrix". Non, pas du tout.

Liman a fait le choix de filmer du combat mano-a-mano (ou presque). On assiste à de vrais duels de Kali (la fameuse dérive pernicieuse et sadique du karaté, pratiquée par les soldats israéliens). Des affrontements d'un réalisme impressionnant, de par leur chorégraphie et leur longue durée.

La course-poursuite avec la police française dans "La mémoire dans la peau" pourrait passer pour une grosse blague. Cependant, c'est là un des meilleurs temps forts du film, parmi de fort nombreux. Et le réalisateur ne s'arrête pas là.

Je ne sais pas si c'est l'équipe française qui a collaboré qui a eu cette idée (certainement), mais sachez, chers amis, qu'il y a souvent de la haute tension aussi bien dans les courses folles, que dans les gros plans se posant sur le stress intense des personnages.

Et surtout, il y a peut-être un peu plus d'humour que dans les James Bond d'un Roger Moore vieillissant, la jeunesse d'un corps comme celui de Damon aidant.

Malheureusement, comme dans la junk food américaine, il y a toujours un os dans le gros steak haché. Cette rotule dure à avaler - gloups -. Il s'agit de l'abus, à certains endroits, d'effets high tech consistant a repérer la position de tous les espions qui vont se mettre à chasser Jason Bourne.

Mis a part ces ternes clips musicaux MTV, Doug Liman tente avec "La mémoire dans la peau" de critiquer un système qui contrôle, fiche et catalogue les personnes en un clin d'oeil.

En bref, c'est ce qu'on a pu voir en long et en large dans "Ennemi d'Etat". Le fort du film n'est donc pas tellement de faire passer un message sur la surveillance électronique aux Etats-Unis, mais plutôt de présenter un surhomme qui vaut 30 millions de dollars, capable de parler au moins dix langues, de neutraliser cinq personnes simultanément et de se fondre dans la foule comme pas deux.

En somme, il s'agit, en quelque sorte, de la version longue d'un "Cameleon" bis, avec une Franka Potente dont le potentiel survolté est indéniable, et un Matt Damon dynamique, probablement dans sa meilleure prestation depuis "Good Will Hunting".

Auteur :Houmann Reissi
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