18 juillet 2019
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La Mort dans la Peau : Haute tension !

Depuis 2 ans, on guettait le retour de Jason Bourne. Enfin, il arrive ! Et c'est peu dire que le résultat est à la hauteur de nos attentes ! Pour « la Mort dans la peau », adaptation très libre du second roman de Robert Ludlum. Doug Liman a cédé sa place à Paul Greengrass qui reprend le flambeau et frappe encore plus fort !

Situé dans le même esprit que « la Mémoire dans la peau », « la Mort dans la peau » en est la prolongation directe. On avait quitté Jason Bourne et sa petite amie Marie sur le point de commencer une nouvelle vie après avoir échappé, non sans peine, à la meute de poursuivants lâchés à leurs trousses.

On les retrouve à Goa en Inde où ils sont venus chercher un havre de paix où Jason Bourne espère voir un jour disparaître les bribes de souvenirs d'un passé de violence qui reviennent le hanter par flashs et qui lui donnent de terribles migraines. Jusqu'au jour où l'œil vigilant de Jason Bourne détecte dans la foule bigarrée une présence anormale et pressent un danger qui rôde. Au même moment, il est accusé par la CIA d'un meurtre qu'il n'a pas commis.

L'identité de « Jason Bourne » lui colle toujours à la peau malgré ses efforts pour y échapper et il sait qu'il va devoir endosser à nouveau son prête-nom pour se venger de ceux qui s'acharnent sur son passé. S'ensuit alors une chasse à l'homme menée à train d'enfer, où la proie n'est pas toujours celui que l'on croit si l'on considère l'incroyable aptitude de Jason Bourne à jouer les caméléons…

Même si on devine l'issue de cette traque, le suspense et l'effet de surprise qui rendaient le premier volet diablement efficace ne sont pas pour autant éventés ici. En effet, Paul Greengrass a plus d'une corde à son arc pour maintenir le spectateur sous tension et déplace le suspense : la question n'est plus tant de savoir ce qui va se passer et qui est Jason Bourne mais comment il va pouvoir se sortir de chaque guet-apens dans lequel ses poursuivants cherchent à le faire tomber ? Et c'est parce que Paul Greengrass est doué d'un véritable sens de la mise en scène que ce second volet redouble d'efficacité.

Les scènes d'action s'enchaînent avec une rare vélocité (waouh la course-poursuite infernale dans le tunnel !) et donnent au spectateur l'impression d'y être car elles sont filmées la plupart du temps caméra à l'épaule. Le montage jump cut, les plans serrés sur des parties du corps qui réduisent le champ de vision et l'image agitée de tremblements - comme s'il s'agissait du mouvement provoqué par la respiration haletante de Jason Bourne – augmentent encore l'intensité de l'action et la sensation de vitesse vertigineuse dans l'enchaînement des séquences.

Toutefois, le rendu du film ne serait pas aussi parfait si le réalisateur n'y avait pas greffé son style visuel qui donne à l'ensemble un étonnant réalisme : univers graphique exprimé par un jeu de couleurs contrastées, dédales des grandes villes sous-éclairées avec soin, lumière tirant sur le vert caressant les visages, etc. Et l'excellente musique signée John Powell, qui électrise l'intrigue en l'accompagnant sans relâche, n'en finit pas de jouer avec nos nerfs et d'accélérer notre rythme cardiaque.

Jason Bourne est toujours magistralement interprété par Matt Damon qui joue ce rôle de héros sans complaisance. Il ne transige pas avec l'instinct de tueur qui est en Jason Bourne et se sert de son allure juvénile pour donner à son personnage juste ce qu'il faut d'âme pour le rendre humain à nos yeux et laisser percer une fragilité à peine perceptible dans son regard lorsque les événements le requièrent.

« La Mort dans la peau » ne rentre pas dans le moule formaté des pures productions made in USA car, si l'action prime, Paul Greengrass évite l'écueil de la love-love gnan-gnan du héros et de sa petite amie mais n'en oublie pas pour autant de donner à son film un petit supplément d'âme. En se lançant sur les traces de son passé, Jason Bourne prend peu à peu conscience que son instinct de tueur est toujours latent en l'homme qu'il est, et que cette quête qu'il entreprend pour mettre à jour la vérité est aussi le chemin de la rédemption, passage obligé s'il veut un jour pouvoir être en paix avec lui-même.

Thriller d'action doté d'un esprit film d'espionnage nouvelle génération et d'une épaisseur psychologique ni trop ni trop peu, « la Mort dans la peau » est tout simplement un régal. Et on ronge déjà notre frein en attendant « la Vengeance dans la peau », le troisième volet des aventures de Jason Bourne…

Auteure : Nathalie Debavelaere

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