19 octobre 2019
Archives Critiques

La Mort dans la Peau : La traque continue

Si vous avez bonne mémoire, nous avions laissé Jason Bourne, ex-agent de la CIA devenu machine à tuer, dans l'obscurité la plus totale. C'était La mémoire dans la peau. Toujours amnésique, Bourne cherche désespérément à se remémorer quelques bribes de son passé, quelques images qui puissent l'aider à reconstituer le puzzle de cette sombre affaire. Que lui a-t-on fait ? Que lui a-t-on fait faire ? Qui est-il ? Nous retrouvons ainsi l'ex-agent Bourne à Goa, en Inde, coulant depuis quelque temps des jours plus ou moins paisibles en compagnie de Marie. Son désir ? Qu'on le laisse en paix. Bien sûr, il ne pourra en être ainsi. En effet, Bourne est la dernière preuve vivante d'un complot auquel il ne peut et  ne doit survivre.  

Là démarre La mort dans la peau. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que, si ce n'est pas la mémoire ou la mort, Matt Damon a bien ce personnage dans la peau. Il est rare et ô combien jouissif de voir un héros ne pas en faire des tonnes, même s'il est combatif et taillé dans le roc.Pour ce rôle complexe, Damon a parfaitement dosé l'humilité, la discrétion, la détermination, la rage, le brio, le doute, le désespoir contenus dans son personnage. Bourne est posé dans chacun de ses actes comme dans ses paroles. Ce qui est nécessaire lorsqu'on est traqué sans répit et sans en connaître la cause. 

C'est sans doute cette oppression et ce rythme effréné que savoureront les amateurs du genre. Cette idée de traque sans fin, et dont la finalité est inconnue de Bourne, est particulièrement bien rendue à l'écran par le réalisateur de ce second opus. Paul Greengrass, que l'on retrouve ici un peu avec surprise puisqu'il avait signé le remarquable Bloody Sunday  (Ours d'or à Berlin), donne à La mort dans la peau un rythme proprement haletant. Trop diront certains, tant il est vrai que l'on frise l'overdose de plans. Mais ce penchant pour le clip est justement éclipsé par l'allure de cette traque incessante, accompagnée d'une bande son impeccable et d'une bande originale signée Moby, forcément survitaminée. 

Au bout du compte, La mort dans la peau est certes un peu convenu (il est difficile à ce point de révolutionner le genre) mais trouve un personnage toujours plus intéressant dont le passé mystérieux risque de nous entraîner dans de nouvelles aventures. Pour notre plus grand plaisir.
Auteur :Alessandro Di Giuseppe
Tous nos contenus sur "La Mort dans la Peau" Toutes les critiques de "Alessandro Di Giuseppe"

ça peut vous interesser

Faut-il revoir Dragon Rouge de Brett Ratner ?

Rédaction

Downsizing : Alexander Payne réduit à néant

Rédaction

Downsizing : Un scénario trop léger

Rédaction